Les secrets sont mauvais pour la santé, physique comme mentale. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que l’on imagine. C’est ce qu’affirme une étude du professeur Michael Slepian, spécialisé dans les effets psychologiques du secret, le développement et la formation de la confiance et la détection des tromperies. Explications.

UNE ÉTUDE CONFIRME LE LIEN ENTRE SECRET ET MAUVAISE SANTÉ

Selon le professeur Michael Slepian de la Columbia Business School, il est difficile de garder des secrets, au point que c’est mauvais pour notre santé ! Avec d’autres professeurs, il a publié les résultats de son étonnante étude dans la revue NCBI (National Center for Biotechnology Information). Il y démontre un lien entre le secret et l’augmentation de l’anxiété, la dépression, les symptômes de mauvaise santé et même une progression plus rapide des maladies. Cependant, la raison ne serait pas celle que l’on imagine en premier lieu, à savoir que dissimuler un secret est tout simplement épuisant.

En réalité, ce qui est difficile dans le fait d’avoir des secrets, c’est de vivre avec et de les ruminer ! En effet, selon le professeur Slepian, notre tendance à errer dans nos secrets est nuisible à notre bien-être, car ils peuvent nous amener à nous sentir inauthentiques et isolés. Pour arriver à cette conclusion, le professeur et ses collègues ont cherché à comprendre les différents types de secrets que les gens gardent, ainsi que leur fréquence. Ils ont réalisé un sondage auprès de plus de 5 000 personnes et ont découvert que 97 % des participants avaient au moins un secret, avec une moyenne de 13 cachotteries.

Elles concernent les préférences, les désirs, les relations, le sexe, la tricherie, l’infidélité et les violations de la confiance des autres. En étudiant la fréquence à laquelle les participants pensaient à leurs secrets, que ce soit pendant des interactions sociales ou non, les chercheurs ont découvert un fait étonnant. En effet, lorsque les participants pensaient à leurs secrets, leur bien-être diminuait, peu importe qu’ils soient en pleine conversation ou seuls. Ce serait donc bien la rumination d’un secret, et non sa dissimulation, qui causerait des baisses de moral, allant jusqu’à des symptômes de mauvaise santé.

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PARTAGER SES SECRETS N’EST PAS SUFFISANT

Puisque ruminer ses secrets est un problème, faut-il simplement les partager pour aller mieux ? Pas tout à fait selon le professeur Michael Slepian. Le chercheur a retourné la question avec ses collègues pour étudier les conséquences de la divulgation de secrets et constaté que se confier à un tiers ne suffit pas. En effet, dévoiler un de ses secrets à quelqu’un, c’est continuer de le dissimuler à tous les autres. De plus, si cet acte est cathartique et soulageant, cela ne dure qu’un instant.

Selon Michael Slepian, ce qui est vraiment utile quand on confie un de nos secrets, c’est la conversation qui suit, car notre interlocuteur pourvoit alors un soutien affectif et des conseils utiles. Ainsi, même si le secret ne disparaît pas de notre esprit, il est possible d’y repenser différemment, sous de nouvelles perspectives, d’une façon plus saine et sans le ruminer. À terme, notre bien-être s’en trouve grandement amélioré ! Alors, il ne faut plus hésiter : partager ses secrets avec ses proches et en discuter, c’est bon pour la santé !

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