
Cervidés iconiques, les caribous entreprennent chaque année un véritable épopée migratoire, qui les voit parcourir plus d’un millier de kilomètres à travers le contrées sauvages et glaciales de l’Amérique du nord.
Le grand voyage
À l’approche du printemps, lorsque la couverture neigeuse et glacée commence à fondre, les troupeaux de caribous « de toundra » de l’Alaska et du Yukon se dirigent vers le nord, en direction du cercle arctique. Là, ils profitent d’environnements à la végétation particulièrement riche, présentant également des concentrations nettement plus faibles de prédateurs et d’insectes nuisibles.
C’est dans ce cadre relativement paisible que les femelles gestantes mettent bas et élèvent leurs petits pendant la saison estivale. Lorsque les températures commencent à baisser vers la fin de l’automne, ces cervidés entament le long trajet retour vers leurs quartiers plus méridionnaux, où la nourriture reste abondante durant l’hiver.
Si certains animaux terrestres peuvent effectuer des migrations plus longues, en 2019, une étude publiée dans la revue Scientific Reports avait révélé que le trajet aller-retour de Rangifer tarandus correspondait en moyenne à une distance de 1 200 kilomètres à vol d’oiseau.
Il s’agit de la plus grande distance jamais documentée chez une espèce suivie étroitement tout au long de sa routine migratoire. Dans ce cas, les troupeaux de Bathurst et de Porcupine. Comme le soulignent les chercheurs, les groupes de caribous des forêts boréales, qui offrent des conditions plus stables tout au long de l’année, mènent en comparaison une vie nettement plus sédentaire.

Distances record
En terme de distance annuelle parcourue, le record est détenu par les loups gris. Il y a quelques années, un mâle du sud-ouest de la Mongolie, à la recherche de nourriture et de partenaires, avait ainsi parcouru plus de 7 247 kilomètres, au cours d’un marathon quasi-ininterrompu. Lancées à la poursuite de troupeaux de cervidés, les meutes d’Alaska et du Yukon peuvent couvrir 5 630 kilomètres en l’espace de douze mois.
Aussi impressionnantes soient ces distances, elle font pâle figure à côté de celles que couvrent certaines espèces d’oiseaux.
En matière de migration sans escale, c’est la barge rousse qui grimpe sur la première place du podium, avec un spécimen de quatre mois ayant couvert 13 560 kilomètres entre l’Alaska et la Tasmanie en seulement 11 jours. Un exploit notable impliquant une forme « d’auto-cannibalisme ».
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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Catégories: Animaux & Végétaux, Articles