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Septembre, le mois où les nids deviennent visibles

Le nid est resté invisible tout l’été, caché à quinze mètres dans un tilleul. Les feuilles commencent à tomber, la boule grise apparaît, et la question tombe avec elle : qui appelle-t-on, qui paie, et est-ce qu’il fallait piéger au printemps ? Septembre et octobre concentrent la majorité des découvertes de nids de frelons asiatiques en France, au moment précis où la colonie atteint son maximum et où la pression sur les ruchers culmine.

Le cadre a changé. La loi du 14 mars 2025, son décret d’application publié fin décembre 2025 et le plan national lancé en mars 2026 créent pour la première fois une organisation nationale de la lutte, avec des plans départementaux et un budget dédié. Ce qui n’a pas changé, c’est ce que contiennent les pièges vendus en jardinerie. Et c’est là que le dossier devient inconfortable : les études de sélectivité les plus récentes montrent qu’un piège non sélectif tue entre 25 et 1 300 insectes utiles pour un seul frelon asiatique capturé.

Le verdict en une phrase : signaler et faire détruire les nids reste la seule action dont l’efficacité soit établie, le piégeage de printemps n’a de sens que sélectif, coordonné et poursuivi plusieurs années, et le piège bouteille du jardin fait plus de dégâts que de bien.

Ce que dit la loi de 2025, et ce qui s’applique vraiment en 2026

La loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 vise à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole. Son décret d’application, le n° 2025-1377, n’est paru que le 29 décembre 2025 un délai de plus de neuf mois que la sénatrice à l’origine de la question au gouvernement a jugé excessif, avec le risque de perdre une saison apicole supplémentaire. Le plan national a été mis en consultation publique du 8 au 29 avril 2026 et a recueilli environ 300 contributions.

Ce que le dispositif met en place concrètement :

  • Une déclaration des nids via les formulaires préfectoraux, avec centralisation des données à l’Inventaire national du patrimoine naturel. L’objectif est une cartographie nationale de la pression de prédation, département par département.
  • Des plans départementaux que chaque préfecture doit adopter dans les six mois suivant le plan national, calibrés sur quatre niveaux de densité, de nulle à forte.
  • Une stratégie différenciée selon la densité : destruction systématique des nids dans les zones peu colonisées, piégeage de printemps et protection directe des ruchers dans les zones à forte densité, où l’éradication n’est plus atteignable.
  • Un financement de 3 millions d’euros par an, via un guichet d’aide ouvert au 1er mai, destiné aux collectivités et aux associations : matériel de piégeage, harpes électriques, formation des référents, indemnisation des pertes apicoles.
  • Un encadrement des techniques : les pièges de type bouteille et cloche sont proscrits du dispositif officiel, la destruction des nids doit se faire aux pyrèthres naturels ou au dioxyde de soufre, et la destruction au paintball est interdite.

Le point qui fâche, remonté dans la consultation publique : 3 millions d’euros par an face à des pertes apicoles évaluées à plusieurs dizaines de millions, beaucoup d’apiculteurs jugent le budget dérisoire. La demande d’une destruction gratuite des nids au titre de la solidarité nationale n’a pas été retenue.

Comprendre le cycle avant de sortir un piège

Tout le débat sur le piégeage se joue sur la biologie. Une fondatrice sort d’hivernage entre février et avril et construit seule un nid primaire, de la taille d’une orange, souvent sous un abri de jardin ou une avancée de toit. Les premières ouvrières émergent fin avril ou en mai. La colonie déménage ensuite vers un nid secondaire, construit de juin à septembre et dans 73 % des cas au-dessus de dix mètres de hauteur, ce qui explique pourquoi personne ne le voit avant la chute des feuilles.

La pression sur les ruchers culmine en septembre et octobre. Une colonie peut atteindre 13 000 individus, produire environ 2 000 ouvrières et élever quelque 500 futures fondatrices avant de mourir en décembre. Les mâles et les femelles sexuées apparaissent en octobre, la dispersion des fondatrices a lieu en novembre.

Côté prédation, les chiffres remettent quelques idées en place. Une colonie consomme plus de 11 kg d’insectes entre mars et octobre, soit environ 97 000 proies. Le régime alimentaire se répartit autour de 38 % d’abeilles domestiques, 30 % de mouches et 20 % de guêpes. Le frelon asiatique n’est donc pas un prédateur exclusif de l’abeille : il ponctionne largement l’entomofaune locale, ce qui rend un piégeage non sélectif d’autant plus absurde puisqu’il tue exactement les mêmes insectes.

Frelon asiatique près d’un nid en papier sous une avancée de toit.
Un nid discret sous une toiture peut signaler une colonie active. L’observation à distance reste le premier réflexe avant toute intervention. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Ce que capturent réellement les pièges : les chiffres qui dérangent

C’est la partie que les emballages ne mentionnent jamais. Plusieurs campagnes de mesure ont pesé et trié le contenu des pièges, plutôt que de compter les frelons.

Le Parc national des Cévennes est le plus direct : sans système de sélection physique, le frelon asiatique représente seulement 1 à 4 % des insectes capturés. Autrement dit, 96 à 99 % de ce qui meurt dans une bouteille coupée n’était pas la cible.

Une série d’essais suisses conduits en 2024 et 2025 sur plusieurs cantons, avec plus d’un millier de pièges de huit modèles différents, aboutit à un ratio moyen encore plus brutal : pour un seul frelon asiatique capturé, environ 1 298 insectes non-cibles le sont également. Le détail par modèle est instructif.

Modèle de piègeFrelons asiatiques capturés / saisonInsectes non-ciblesLecture
VespaCatch (non sélectif)3,613 811Le plus « efficace » sur le frelon, et de loin le plus destructeur
VespaCatch Select0,51 090La version sélective divise les dégâts par 12, et les captures par 7
VelutinaTrap2,5~100 à 120Le meilleur compromis mesuré de la série
Ornetin0,5~80 à 120Très sélectif, capture marginale
Piège 3D0,5~80 à 120Idem

Une étude française menée par Véto-Pharma sur dix ruchers de l’Eure, entre le 15 juillet et le 4 novembre, arrive au même ordre de grandeur : 2,8 frelons capturés par rucher pour le VespaCatch, 1,5 pour un piège bouteille, 0,7 pour le Jabeprode et 73 832 insectes capturés au total, tous pièges confondus, majoritairement des diptères, puis des hyménoptères et des lépidoptères.

Le plus parlant reste l’effet sur le terrain. En Valais, 2 frelons piégés au printemps 2024 ont été suivis de 4 nids découverts l’année suivante ; 376 frelons piégés en 2025 ont été suivis de 18 nids. Dans le canton de Vaud, 466 reines piégées en 2025 n’ont pas empêché le passage d’environ 230 nids en 2024 à près de 1 000 en 2025. La conclusion des auteurs est sans détour : aucun piège n’a jusqu’ici pu être considéré comme sélectif pour le frelon asiatique, ni efficace pour en capturer des quantités significatives.

Ce constat ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire. Il veut dire que le piégeage individuel, non coordonné et non sélectif, est un geste qui se paie sur la biodiversité sans effet mesurable sur la population de frelons.

Piéger correctement, si vous piégez

Le piégeage garde du sens dans deux cas précis : en zone de faible densité, dans le cadre d’un plan départemental coordonné, et devant un rucher pendant la période de prédation. Dans ces deux cas, les règles techniques sont documentées.

La sélection physique avant tout

Un piège utilisable comporte des orifices d’échappement de 5 mm, qui laissent sortir les petits insectes, et un trou d’entrée d’environ 9 mm, suffisant pour le frelon asiatique. Les nasses grillagées répondent à ce cahier des charges ; la bouteille percée non.

L’appât

Le mélange de référence tient en trois tiers : bière, vin blanc, sirop. L’alcool réduit la capture des abeilles, qui ne le supportent pas. Aucun attractif commercialisé n’est aujourd’hui réellement sélectif il faut choisir un appât qui limite les dégâts, pas un appât qui les évite.

L’entretien

L’attractif se renouvelle tous les 8 à 10 jours, et tous les 3 à 4 jours en cas de forte chaleur. Le piège ne se lave pas : les frelons morts émettent des phéromones qui attirent leurs congénères. Un piège oublié trois semaines devient un piège à tout sauf à frelons.

La densité et la période

Un piège tous les 350 mètres, posé entre 50 cm et 1,50 m de hauteur, au soleil le matin et à l’ombre l’après-midi. La fenêtre utile va du début du printemps à la mi-mai, quand la température approche 15 °C le plan national retient un seuil de 12 °C pour le déclenchement. À partir de juin, on capture surtout des frelons européens, espèce protégée et utile. Le dispositif n’a de sens que reconduit au moins quatre années consécutives sur le même territoire.

Pour donner un ordre de grandeur de ce que produit une action collective bien menée : le groupement de défense sanitaire apicole du Gard a piégé 1 400 fondatrices entre mars et juin sur une seule campagne. C’est un résultat de réseau, pas de jardin isolé.

Les modèles disponibles

Les pièges sélectifs à nasse se trouvent entre 15 et 40 € l’unité : lot de 2 pièges sélectifs Vespa Velutinapièges sélectifs fabriqués en Normandie, ou le kit VespaCatch avec attractifs en gardant en tête que c’est la version Select, et non la version standard, qu’il faut viser. Les apiculteurs trouveront les gammes professionnelles chez Icko Apiculture et Thomas Apiculture.

Petit nid de frelon asiatique gris, de la taille d’une balle de ping-pong, fixé au coin d’un volet de fenêtre, avec un frelon aux pattes jaunes posé dessus.
Un nid primaire de frelon asiatique discrètement installé sur un volet de maison, surveillé par un individu adulte. Une scène typique du début de saison au printemps. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Protéger un rucher : ce qui fonctionne vraiment

Devant les ruches, la protection directe donne de bien meilleurs résultats que le piégeage. Trois dispositifs sont retenus par le plan national.

La harpe électrique est le plus efficace : une grille de fils sous tension placée devant les ruches, qui élimine jusqu’à 200 frelons par jour en pleine saison de prédation. Comptez 400 à 900 € selon la taille et l’autonomie. C’est un investissement de rucher, pas de jardin.

Les muselières et les réducteurs d’entrée empêchent le frelon d’accéder à la planche d’envol tout en laissant passer les abeilles. Quelques dizaines d’euros par ruche, efficacité correcte sur la prédation à l’entrée, sans effet sur le vol stationnaire qui épuise la colonie.

Un point rarement dit : au-delà des abeilles tuées, c’est le stress de prédation qui fait le plus de dégâts. Une colonie assiégée cesse de sortir butiner, ne constitue pas ses réserves, et meurt l’hiver suivant sans qu’un seul frelon soit entré dans la ruche.

Trouver, signaler et faire détruire un nid

C’est l’action la plus utile de tout ce dossier. Un nid détruit en septembre, c’est jusqu’à 500 futures fondatrices qui ne se disperseront pas en novembre.

Signaler se fait sur la plateforme du Muséum national d’histoire naturelle, frelonasiatique.mnhn.fr, et désormais aussi via les formulaires préfectoraux prévus par le décret. Les données alimentent la cartographie nationale sur laquelle sont calibrés les plans départementaux.

Faire détruire relève d’une entreprise spécialisée. Les pompiers n’interviennent plus que sur danger avéré pour les personnes. Les tarifs constatés en 2026 :

SituationPrix constatéRemarque
Nid accessible, faible hauteur80 à 150 €Haie, abri de jardin, sous-toiture basse
Nid en hauteur, perche télescopique150 à 250 €Le cas le plus fréquent en septembre
Accès difficile, nacelle nécessaire250 € et plusArbre de 15 à 20 m, toiture complexe

Qui paie : le propriétaire sur un terrain privé, le bailleur en location puisque le bâti lui appartient, la commune sur le domaine public. L’assurance habitation ne prend généralement pas en charge, sauf clause spécifique ou situation de danger immédiat. Certaines communes et certains conseils départementaux subventionnent tout ou partie de l’intervention, et les syndicats apicoles participent parfois : un appel en mairie avant de commander est rarement du temps perdu.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

  • Détruire un nid soi-même. Une colonie dérangée attaque en groupe sur plusieurs dizaines de mètres. Les accidents graves surviennent presque tous lors de tentatives de destruction par des particuliers.
  • Brûler, asperger d’essence ou tirer au fusil. Le nid ne brûle pas correctement, les frelons se dispersent et reconstruisent, et le risque d’incendie ou de blessure est réel.
  • Utiliser un piège bouteille. Interdit dans le dispositif officiel, et responsable de l’essentiel des captures d’insectes non-cibles documentées plus haut.
  • Piéger en été et en automne dans son jardin. Passé juin, l’essentiel des captures concerne le frelon européen, espèce utile qu’il ne faut pas confondre — il est plus grand, avec un abdomen jaune rayé de noir et des pattes brunes, quand le frelon asiatique porte une face orangée, un thorax noir et des pattes jaunes aux extrémités.
  • Confondre avec un nid de guêpes. Un nid de guêpes en toiture ne justifie pas les mêmes moyens, ni les mêmes tarifs.

Où en est la France, région par région

ContexteSituationPriorité
Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays de la LoireColonisation ancienne, densité forteProtection directe des ruchers et destruction des nids ; l’éradication n’est plus l’objectif
Bretagne, Normandie, Centre-Val de LoireDensité moyenne à forte, pression croissanteDestruction systématique et piégeage de printemps coordonné par le plan départemental
Île-de-France, Hauts-de-FranceProgression urbaine rapide, nids fréquents en milieu bâtiSignalement, destruction, et vigilance sur les nids primaires au printemps dans les abris de jardin
Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-AlpesFront de colonisation actifZone où la destruction précoce a le plus d’effet : chaque nid détruit compte réellement
Provence-Alpes-Côte d’AzurColonisation en cours, plus le frelon oriental à MarseilleDouble vigilance et identification correcte de l’espèce avant toute action
Corse, zones de montagneDensité faible à nulle selon l’altitudeSignalement immédiat de toute observation : c’est là que la détection précoce paie le plus

Et maintenant, le frelon oriental

Un second acteur est entré en scène. Vespa orientalis, le frelon oriental, a été détecté pour la première fois en France le 22 septembre 2021 dans le quartier de la Cabucelle, à Marseille. L’espèce est établie en Italie, en Grèce et en Espagne ; le mode d’introduction reste indéterminé.

Son profil diffère nettement du frelon asiatique : nids environ trois fois plus petits, installés dans des cavités au sol plutôt qu’en hauteur, colonies d’un millier d’individus, cycle plus court. Il prédate lui aussi les abeilles domestiques. Conséquence pratique pour le matériel : les pièges destinés au frelon oriental demandent des ouvertures de 10 mm, contre 9 mm pour le frelon asiatique. Les observations se signalent au Muséum à l’adresse vespa@mnhn.fr.

Frelon asiatique en vol face à une tapette électrique près d’une habitation, illustrant le danger d’une intervention amateur
Tenter de tuer un frelon asiatique avec une tapette peut provoquer une attaque collective et mettre votre vie en danger – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Questions fréquentes

Le piège à frelon asiatique en bouteille est-il efficace ?

Non, et il est proscrit du dispositif officiel depuis le décret de décembre 2025. Sans système de sélection physique, le frelon asiatique ne représente que 1 à 4 % des insectes capturés selon le Parc national des Cévennes. Le reste est constitué d’insectes utiles, dont des pollinisateurs.

Qui paie la destruction d’un nid de frelon asiatique ?

Le propriétaire du terrain sur une propriété privée, le bailleur en location, la commune sur le domaine public. L’assurance habitation ne rembourse généralement pas. Certaines communes et certains départements subventionnent tout ou partie de l’intervention : il faut appeler la mairie avant de commander.

Combien coûte la destruction d’un nid de frelon asiatique en 2026 ?

Entre 80 et 150 € pour un nid accessible, 150 à 250 € pour un nid en hauteur traité à la perche, et plus de 250 € lorsqu’une nacelle est nécessaire. Le prix dépend surtout de la hauteur et de l’accessibilité, très peu de la taille du nid.

Quand faut-il piéger les fondatrices de frelon asiatique ?

Du début du printemps à la mi-mai, quand la température atteint 12 à 15 °C. Passé juin, les captures concernent majoritairement le frelon européen, espèce utile. Le piégeage n’a d’intérêt que sélectif, coordonné à l’échelle d’un territoire, et reconduit au moins quatre années consécutives.

Comment signaler un nid de frelon asiatique ?

Sur la plateforme du Muséum national d’histoire naturelle, frelonasiatique.mnhn.fr, et via le formulaire préfectoral de votre département depuis le décret d’application de la loi de 2025. Les signalements alimentent la cartographie nationale utilisée pour calibrer les plans départementaux de lutte.

Que faire si on trouve un nid de frelon asiatique dans son jardin ?

Ne pas s’en approcher à moins de cinq mètres, ne rien projeter dessus, signaler la localisation, puis faire appel à une entreprise spécialisée. Une colonie dérangée attaque en groupe sur plusieurs dizaines de mètres, et c’est lors des tentatives de destruction par des particuliers que surviennent la plupart des accidents graves.

Verdict

Trois actions ont un effet démontré : signaler les nids, les faire détruire avant novembre, et protéger physiquement les ruches quand on en possède. Elles ne coûtent presque rien à l’échelle d’un particulier, et elles s’attaquent au seul moment du cycle où la population est réellement vulnérable la dispersion des 500 fondatrices d’un nid arrivé à maturité.

Le piégeage, lui, est devenu un sujet à traiter avec précaution. Les mesures récentes sont convergentes et peu flatteuses : entre 1 298 insectes non-cibles par frelon capturé dans les essais suisses et 73 832 insectes relevés sur une seule campagne française, la facture écologique du piégeage de masse dépasse largement son rendement. Le plan national l’a intégré en réservant le piégeage de printemps aux zones à forte densité, sous condition de sélectivité, de coordination et de durée.

La position la plus défendable pour un particulier en septembre 2026 tient donc en une phrase : levez la tête vers les arbres qui se dégarnissent, signalez ce que vous voyez, et laissez la bouteille de sirop où elle est.

Par Antoine - Daily Geek Show, le

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