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Et non, le requin sur l’affiche des « Dents de la mer » n’est pas un grand blanc

🎶 « C’est pour ça qu’aujourd’hui je suis fatigué, c’est pour ça qu’aujourd’hui je voudrais crier : je ne suis pas un grand blanc » 🎶

— © Roger Kastel / New York Post / Everett Collection / Wikimedia Commons

Véritable raz-de-marée à sa sortie, « Les Dents de la mer » a soufflé ses 50 bougies en 2025. Si l’intrigue implique bien un grand requin blanc terrorisant la petite station balnéaire fictive d’Amity, l’animal représenté sur l’affiche appartient à une autre espèce de squale.

La reconstitution d’un spécimen de musée

Ce museau pointu et ces rangées de dents irrégulières, prêtes à déchiqueter une nageuse insouciante, sont en fait basés sur un modèle réalisé à partir d’un spécimen conservé dans de l’éthanol depuis 1939 au Musée américain d’histoire naturelle. Dans les années 1970, l’artiste Roger Kastel a été frappé par la morphologie de ce requin mako à nageoires courtes (Isurus oxyrinchus) et a décidé de s’en inspirer directement pour cette illustration iconique.

Moins imposant que son cousin le grand blanc (Carcharodon carcharias), ce squale a été impliqué dans au moins 10 attaques sur des humains, dont une s’est révélée mortelle. Outre sa puissante morsure, il se distingue par sa vitesse sans égale chez les requins : jusqu’à 70 kilomètres à l’heure.

Aujourd’hui monument de la pop-culture, le film « Les Dents de la mer » a contribué à amplifier un phénomène désastreux. En 2021, une étude estimait que depuis les années 1970, les espèces vivant en pleine mer, incluant le mako, avaient subi des pertes vertigineuses, en raison d’une pêche galopante et non régulée.

Interrogé à ce sujet par la BBC en 2022, son réalisateur, Steven Spielberg, s’en désolait. « C’est l’une des choses qui me hante. Que les requins m’en veuillent d’une manière ou d’une autre pour la frénésie de pêche, notamment sportive, après 1975 », expliquait-il.

Un mal pour un bien ?

Dans le même temps, le long-métrage a également encouragé de nombreux efforts scientifiques sur les squales, sans lesquels leur triste trajectoire n’aurait sans doute pas pu être estimée avec autant de précision.

Aujourd’hui, les données collectées au fil des décennies se révèlent essentielles pour orienter les efforts de conservation d’espèces emblématiques telles que le requin blanc, le requin-tigre ou le requin-marteau, dont certaines populations tendent à se reconstituer dans plusieurs régions du globe.

On peut facilement imaginer à quoi aurait ressemblé l’affiche du film si Kastel avait représenté la gueule, bien plus massive, d’un grand blanc.

Un grand requin blanc — Martin Prochazkacz / Shutterstock.com

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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