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Une étude révèle la « double-vie secrète » du redoutable champignon zombie d’Amazonie

Il n’infecte pas seulement les fourmis

— © Tales Alves-Júnior et al. / IMA Fungus 2026 / CC-BY

Alors qu’on pensait qu’il n’infectait que les fourmis, de nouvelles recherches menées au Brésil révèlent que le champignon zombie amazonien possède un hôte bien différent : les mousses.

Phase endophyte

Grâce à ses spores, le champignon Ophiocordyceps pénètre dans l’organisme des fourmis et modifie progressivement leur comportement, les poussant à grimper sur la végétation surplombant la colonie, et à s’y agripper fermement. Lorsque les insectes meurent, le parasite poursuit son développement. Des tiges finissent par émerger de la carcasse de son hôte et libèrent des spores qui vont contaminer ses congénères, marquant ainsi le début d’un nouveau cycle de « zombification ».

Récemment, le séquençage génétique de mousses prélevées dans la réserve forestière Adolpho Ducke, près de Manaus, a réservé des surprises aux chercheurs. En particulier la présence systématique du champignon dans des mousses provenant de zones pourtant situées à bonne distance des « cimetières de fourmis infectées », et n’ayant donc pas été en contact direct avec ces dernières.

Une telle découverte indique une phase dite « endophyte » du champignon, au cours de laquelle Ophiocordyceps vit à l’intérieur de la plante sans provoquer de symptômes visibles.

Cette facette insoupçonnée du cycle de vie du champignon zombie refléterait une tendance plus large selon João Paulo Machado de Araújo, co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue IMA Fungus. « Nous découvrons de plus en plus de lignées distinctes de champignons entomopathogènes associées aux plantes, mais c’est la première fois qu’une telle double-vie est documentée en Amazonie et plus globalement sous les tropiques », explique-t-il.

Fourmi-tortue infectée par Ophiocordyceps kniphofioides et fixée à une mousse du genre Octoblepharum — © Tales Alves-Júnior et al. / IMA Fungus 2026 / CC-BY

Des similitudes troublantes

De façon également intrigante, en 2018, Machado de Araújo et ses collègues avaient décrit plusieurs nouvelles espèces de ce genre de champignons parasites provenant également de la région de Manaus. Nommée O. monacidis, l’une d’entre elles développait une structure très similaire au sporophyte de la mousse Octoblepharum, à laquelle se fixent les « fourmis zombies » et où Ophiocordyceps a également été trouvé.

« Cela suggère que la manipulation du comportement pourrait ne pas dépendre uniquement du stade de fructification du champignon (EPF) et de l’insecte hôte, mais également d’autres facteurs liés à la plante sur laquelle celui-ci se fixe, ainsi que son microbiote », estime Machado de Araújo.

« Il est possible que les plantes abritant la forme endophyte du champignon attirent, chez l’insecte, la forme EPF correspondante. Le démontrer aurait des implications potentielles pour la lutte biologique contre les ravageurs des cultures », conclut-il.

Au cas où vous l’ignoriez, il existe un parasite qui pousse les escargots à… danser.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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