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Un morceau de Falcon 9 va frapper la Lune en 2026, et son trajet dit beaucoup du chaos orbital autour de nous aussi

Un morceau de fusée abandonné va toucher la Lune comme une voiture lancée contre un mur sans frein. L’impact attendu en août 2026 ne menace pas la Terre, mais il montre comment les missions lunaires laissent déjà des objets difficiles à suivre.

Étage Falcon 9 dérivant près de la surface cratérisée de la Lune.
Un étage supérieur abandonné illustre la difficulté croissante de suivre les objets laissés dans le système Terre-Lune. Son approche vers la surface lunaire rappelle l’angle mort des missions spatiales récentes. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Le projectile vient d’une mission lunaire récente, pas d’un vieux vestige oublié

L’objet suivi porte le code 2025-010D, une étiquette de catalogue plutôt qu’un nom. L’astronome Bill Gray, créateur du logiciel Project Pluto, confirme qu’il vient d’un lancement Falcon 9 du 15 janvier 2025, ce qui rattache le débris à une mission commerciale récente.

Cette fusée emportait Blue Ghost, l’atterrisseur de Firefly Aerospace, et Hakuto-R M2, celui de l’entreprise japonaise ispace. L’étage supérieur, haut d’environ 14 mètres, reste ensuite coincé dans le système Terre-Lune, une zone où les objets ne rentrent pas simplement brûler dans l’atmosphère.

L’impact calculé tombe le 5 août 2026, quelques minutes avant 6 h 44 UTC selon Project Pluto. La trajectoire vise près du cratère Einstein, à la limite entre face visible et face cachée, ce qui rend l’événement difficile à observer directement depuis la Terre.

Pourquoi un étage supérieur échappe au retour contrôlé

Une Falcon 9 fonctionne en deux parties. Le premier étage pousse la charge utile presque jusqu’à l’orbite, puis revient se poser sur une barge. Le second étage termine le trajet, et cette tâche l’éloigne de toute récupération simple.

Dans ce cas précis, l’étage supérieur, le « upper stage » (partie haute qui donne l’impulsion finale), suit une orbite très allongée. Cette trajectoire ressemble à un élastique tiré entre la Terre et la Lune, ce qui complique les corrections après mission et crée des déchets lointains.

Suivre ce débris demande autre chose que les radars terrestres

Les radars militaires repèrent efficacement les objets en orbite basse, là où circulent de nombreux satellites. Un gant perdu par un astronaute peut même devenir une cible suivie, parce qu’il reste assez proche pour renvoyer un signal exploitable.

L’étage Falcon 9 passe en revanche à des distances comparables à celles de la Lune. Project Pluto estime que les signaux radar y deviennent environ 256 millions de fois plus faibles, une chute qui transforme le suivi en travail d’astronomie optique.

Les programmes de surveillance des astéroïdes prennent alors le relais. Un objet géocroiseur (qui passe près de l’orbite terrestre) et un débris spatial lointain apparaissent tous deux comme des points mobiles sur fond noir, ce qui impose de recouper les observations.

L’impact ne menace pas la Terre, mais il éclaire un risque plus large

Au moment du choc, le débris devrait filer vers la surface à environ 8 700 km/h, soit Mach 7 dans l’ordre de grandeur utilisé par Bill Gray. Sur la Lune, sans air ni son, cette comparaison reste imparfaite, mais elle donne l’énergie du choc.

La NASA rappelle que la Station spatiale internationale effectue parfois des manœuvres d’évitement face aux débris. L’Agence spatiale européenne estime qu’environ 40 000 objets sont suivis en orbite, dont près de 11 000 charges utiles actives, et chaque fragment complique les trajectoires suivantes.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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