
À l’évocation des soins maternels au sein du règne animal, vous pensez probablement à de grands mammifères, ou peut-être à des arachnides. De récentes analyses fossiles ont révélé les plus anciennes preuves de tels comportements chez les mollusques.
Allo maman bivalve
Quand la fossilisation se produit, il est rare qu’elle préserve les tissus mous. On imagine de ce fait aisément la surprise des chercheurs lorsqu’ils ont examiné les structures internes d’un bivalve vieux de 125 millions d’années, et identifié des embryons et des larves microscopiques préservées à l’intérieur de ses branchies, ainsi que des chambres d’incubation et des structures minéralisées.
Ce spécimen de Margaritifera valdensis, proche parente des moules perlières d’eau douce modernes, provenait de l’île britannique de Wight. Vaste réseau fluvial à l’époque du Crétacé, celle-ci a livré de nombreux restes de dinosaures remarquablement préservés au fil des décennies.
Le cycle de vie de ce type de mollusques implique la libération des larves dans l’eau afin qu’elles parasitent des poissons. Une fois matures, elles s’en détachent et se fixent au lit du cours d’eau où elles commencent une nouvelle vie indépendante.
Les récentes découvertes montrent que cette stratégie complexe de reproduction, jusqu’alors uniquement documentée chez des espèces actuelles, existait déjà au Crétacé inférieur (145 à 100,5 millions d’années). Bien protégés sous la coquille maternelle, les bivalves juvéniles profitaient d’importantes réserves de calcium, leur permettant de former leur propre enveloppe minérale.

Le mystère de la molluscite résolu
Publiée dans la revue Scientific Reports, la nouvelle étude a également révélé l’origine de la « molluscite », étrange matière sombre qui intriguait depuis longtemps les paléontologues.
« Elle se compose de tissus mous fossilisés et de structures reproductrices qui ont bénéficié d’une préservation minérale exceptionnelle », explique Rafael Lozano, géochimiste à l’Institut géologique et minier d’Espagne.
Plus globalement, ces travaux contribuent à éclairer l’adaptation remarquablement ancienne des mollusques aux conditions des lacs et des rivières.
Au cas où vous l’ignoriez, le plus vieil animal connu était un bivalve nommé Ming, disparu tragiquement à l’âge de 507 printemps.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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