Une mission archéologique vient d’exhumer trois sépultures inédites dans l’oasis de Bahariya, au cœur du désert occidental égyptien. Cette mise au jour confirme le potentiel historique majeur d’un secteur déjà célèbre pour ses trésors antiques enfouis sous les sables.

Un caveau familial de la Basse Époque abritait cinq momies intactes préservées dans du grès
Les chercheurs ont d’abord dégagé un puits carré de trois mètres, directement creusé dans la roche. Mohamed Abdel-Badi indique que cet accès mène à deux pièces distinctes. Dans la première cavité, un sarcophage en calcaire reposait sagement au fond d’une niche spécifique.
À l’intérieur du récipient de pierre, la mission archéologique a mis au jour le corps d’un défunt soigneusement enveloppé dans des bandelettes de lin. Cette disposition architecturale sur mesure reflète fidèlement les rites de la région à cette époque ancienne.
La seconde salle, située au nord, abritait quatre autres personnes dans des conteneurs similaires. Hisham El Leithy confirme que cet ensemble constituait une sépulture familiale collective pour cinq individus. Il daterait de la Basse Époque égyptienne, juste avant les invasions étrangères.
Deux structures romaines révèlent un chantier funéraire abandonné et un atelier d’embaumement
Les deux autres constructions dégagées sur le site datent pour leur part de l’époque romaine. La deuxième sépulture se caractérise par un escalier menant vers une pièce totalement dépourvue de décoration. Les spécialistes supposent que cet édifice est resté un projet inachevé, abandonné avant son utilisation effective.
La troisième structure possédait une fonction plus technique. Son accès rectangulaire guidait les ouvriers vers une petite salle où les experts situent un atelier d’embaumement artisanal. Cet espace logistique facilitait directement la préparation rituelle des dépouilles avant leur transfert définitif vers les tombes voisines.
Des dizaines d’objets votifs et de vaisselles illustrent la vie religieuse de l’oasis de Bahariya
Outre les structures en pierre, le sous-sol a livré du mobilier funéraire particulièrement varié. Les chercheurs ont collecté des vases en céramique, des flacons et des plats aux formes multiples. Des tables d’offrandes taillées dans le grès ou le calcaire complétaient ces dépôts rituels.
La présence de ces pièces prouve le maintien de coutumes religieuses locales tardives. La découverte de plusieurs figurines votives anciennes apporte un éclairage concret sur la ferveur des habitants de Sheikh Sobi, qui honoraient leurs disparus bien après la disparition des dynasties de pharaons.
Ce secteur désertique abritait les sépultures des dignitaires régionaux et des gouverneurs. La présence proche du temple de Bawiti, bâti durant la XXVIe dynastie sous le règne d’Amasis II, confirme la grande importance spirituelle et administrative accordée historiquement à ce territoire isolé.
Les archéologues poursuivent leurs fouilles sur les traces de la mythique vallée des Momies dorées
Le secteur de Sheikh Sobi se situe près du célèbre complexe dégagé en 1996 par Zahi Hawass. Cette nécropole majeure de la période gréco-romaine avait révélé environ 250 dépouilles aux masques dorés, mais l’égyptologue réputé estime que dix mille corps demeurent encore enfouis.
Après trois mois de travail intensif, l’équipe de quarante spécialistes poursuit ses opérations sur le terrain. Le ministre Sherif Fathy souligne que ces travaux enrichissent la vision globale de cette région antique, où d’autres chambres funéraires cachées attendent probablement d’être mises en lumière.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Catégories: Histoire