Vos pots de peinture murale contiennent un allergène très puissant « impossible à remplacer »

L’association 60 millions de consommateurs tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elle a affirmé que les peintures utilisées pour repeindre nos murs contenaient presque toutes une substance allergène jugée irremplaçable par les industriels. 

 

UN ALLERGÈNE DANS NOS PEINTURES ?

Dans une annonce faite le 27 février, 60 millions de consommateurs a pointé du doigt les peintures destinées à couvrir nos murs et plus particulièrement ce qu’elles contiennent. Après en avoir testé plusieurs, l’association révèle que la quasi-totalité renferme de la méthylisothiazolinone (MIT), une substance très allergène utilisée comme conservateur.

Cette substance, dont on mesure la quantité en ppm (partie par millions), est en plus de la peinture présente dans de nombreux produits que nous employons chaque jour : vernis, colles, détergents… Cependant, même si son dosage est faible, il n’est pas pour autant inoffensif. En règle générale, les peintures contiennent moins de 100 ppm de MIT, mais cela suffit pour causer depuis une dizaine d’années une multiplication massive de cas d’allergies.

 

UNE ÉPIDÉMIE CAUSÉE PAR CETTE SUBSTANCE ?

Le MIT a beau être une substance nocive pour la santé, de plus en plus de produits l’incluent dans leur composition. Cela a eu pour conséquence de causer la multiplication des cas de sensibilisation cutanée selon un rapport européen du Scientific Committee on Consumer Safety (CSSC). En l’espace de trois ans, le nombre de personnes sensibles au MIT en France à triplé (passant de 1,5 % à 5,6 %).

Dans le cadre d’une étude réalisée entre 2010 et 2012, 7 874 patients ont été testés : dans la majorité des cas, une exposition aéroportée est la cause de ces allergies. Les peintures murales ont été alors pointées du doigt car 93 % des peintures testées à l’époque en comportaient.

Le seul moyen d’être traité consiste à supprimer tout élément en contenant et aucun seuil d’exposition ne peut être déterminé faute de données suffisantes. La solution pour aider les consommateurs face à cette «épidémie » reste donc la sensibilisation du public en indiquant sur les étiquettes des produits le taux de MIT.

 

QUE DIT LA RÉGLEMENTATION AU SUJET DU MIT ?

Malgré les risques qu’il représente pour la santé, le MIT n’est sujet à réglementation que depuis quelques années. Ce n’est qu’en 2015 qu’un règlement imposant d’indiquer la présence de cet allergène sur tout mélange contenant plus de 100 ppm de MIT a vu le jour. L’avertissement prend la forme suivante : « Contient de la méthylisothiazolinone. Peut produire une réaction allergique ».

Cependant, d’après l’Anses qui a voté cette mesure, « au regard des données toxicologiques, le seuil de 100 ppm apparaît comme trop élevé pour permettre de protéger de la survenue de sensibilisation ».

Certains fabricants européens de peintures décoratives ont pris les devants quant à cette mesure et mentionnent la présence de MIT sur leurs produits. 60 millions de consommateurs ne croit toutefois pas à ces démarches, rappelant que le méthylisothiazolinone, même s’il est présent dans le produit, n’est pas toujours mentionné.

On espère toutefois que les industriels prendront en compte la santé des citoyens et prendra la décision de remplacer le MIT dans ses produits.


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