Image d’illustration — N. Rotteveel / Shutterstock.com

La vallée des Rois vient de dévoiler un de ses nouveaux secrets. En effet, ce samedi 19 octobre, 30 sarcophages vieux de 3000 ans ont été découverts à Louxor. Couleurs, dessins et ornements : ces décors sont extrêmement bien conservés. Momies et restes humains seraient encore à l’intérieur.

Des sarcophages en excellent état datant de 3000 ans

Les 30 sarcophages ont été découverts par des archéologues sur le site d’El-Assasif, sur la rive ouest du Nil à Louxor. Ces découvertes ont été officiellement annoncées samedi par les autorités égyptiennes devant le temple de la reine Hatchepsout afin de dévoiler davantage d’informations sur ces découvertes. Avant cela, ni les propriétaires, ni la période à laquelle ceux-ci vivaient n’étaient encore connus.

Lors d’une conférence de presse à Louxor, Mostafa Waziri, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, a annoncé : « C’est la première découverte à Assasif par une équipe égyptienne d’archéologues, conservateurs et travailleurs. » Il s’est également interrogé sur le sujet : « Ils étaient cachés, cela signifie que les Egyptiens de l’Antiquité ont voulu dissimuler leur présence, mais pourquoi ? » Ces 30 sarcophages en bois peint sont une rare découverte d’objets antiques aussi bien conservés. Ils datent de 3000 ans, autrement dit de la 22e dynastie, au 10e siècle avant J.-C. Ce site abrite également une nécropole composée de tombes appartenant à de nobles et hauts fonctionnaires, datant du Moyen Empire (-2000 à -1600) à la Basse Époque (-600 à -300).

Les couleurs et traits noirs dessinés sont intacts. Les nombreux hiéroglyphes de divinités égyptiennes, d’oiseaux, de serpents et de fleurs de lotus sont encore parfaitement identifiables. De plus, ils sont entièrement scellés et contiendraient encore des restes humains ou des momies.

Après de nombreuses recherches, les archéologues ont expliqué que ces cercueils ont servi à vingt-trois hommes, cinq femmes et deux enfants. Trouvés à un mètre sous terre, ces sarcophages sont empilés sur deux niveaux. Ils appartiendraient à une importante famille de prêtres. D’autres sépultures appartenant à des prêtres ont d’ailleurs été trouvées sur le même site. « Nous avons juste effectué quelques retouches de première nécessité sur ces cercueils en très bon état. Ils sont en bon état car il n’y avait pas d’implantation humaine sur le site », a expliqué Salah Abdel-Galial, un restaurateur du ministère des Antiquités. Les autorités égyptiennes ont également expliqué l’importance sans nom de la richesse de ces découvertes.

Des découvertes d’une richesse inestimable

« Ces découvertes n’ont pas de prix pour la réputation de l’Egypte. Maintenant en Egypte, nous avons plus de sécurité, donc nous avons plus d’étrangers. Nous avons plus de 250 missions archéologiques. Plus de fouilles signifie plus de découvertes », se réjouit le ministre.

Régulièrement, les autorités égyptiennes annoncent de nouvelles découvertes archéologiques. Elles contribuent principalement à relancer le tourisme dans un pays touché par une instabilité politique et des attentats depuis la révolution de 2011 qui avait causé le départ de Hosni Moubarak du pouvoir. 11,3 millions de touristes ont été recensés jusqu’à présent en 2019, un net regain dans le domaine touristique qui reste tout de même faible par rapport aux 14,7 millions comptés en 2010. Les touristes étaient d’ailleurs en masse devant le temple d’Hatchepsout ce samedi.

Dans cette période de troubles, peu de découvertes comme celle-ci ont été jusqu’à présent annoncées. Des critiques évoquent également la détérioration de nombreux sites archéologiques ou musées égyptiens. Les archéologues précisent que les hiéroglyphes ne sont pas entièrement identifiés et que des recherches doivent encore être réalisées. Malgré cela, cette découverte reste « l’une des plus grandes et des plus importantes révélées au cours des dernières années« , explique le ministère des Antiquités égyptien.

Le jeudi 10 octobre, le ministère des Antiquités égyptien avait également annoncé l’exhumation d’une ancienne « zone industrielle » dans la région de Louxor, dans la vallée des Singes. Des objets décoratifs, du mobilier et des poteries pour des inhumations royales y auraient été produits. Il s’agit d’un site composé de trente ateliers et d’un grand four à céramique. Une nouvelle preuve que l’Égypte ne semble pas encore avoir révélé tous ses secrets.

Des sarcophages qui trouveront refuge au Grand Musée égyptien du Caire

De telles découvertes constituent une collection considérable, selon Khaled El-Enany, le ministre des Antiquités. Appartenant à une importante famille de prêtres, ils auraient bénéficié d’une sépulture habituellement réservée aux rois.

Ces trésors historiques seront bien évidemment pris en charge par les autorités puis rejoindront prochainement le Grand Musée égyptien du Caire, encore en cours de construction près des célèbres pyramides de Gizeh. Une opportunité en or pour favoriser la venue de touristes pour admirer ces bijoux égyptiens si précieux pour le patrimoine du pays.

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