
Si l’on a historiquement lié la disparition des Néandertaliens à leurs capacités cognitives limitées, de nouvelles recherches brossent un tableau bien différent, et suggèrent qu’elles étaient remarquablement similaires à celles de nos ancêtres.
Des comparaisons révélatrices
Les tissus mous se fossilisant mal, évaluer la cognition d’une espèce disparue depuis près de 40 000 ans n’est pas une mince affaire. Pour ce faire, les paléontologues se basent essentiellement sur la structure crânienne des Néandertaliens, différant significativement de celle d’Homo sapiens.
Le crâne de nos cousins disparus s’avérant nettement plus allongé, certains scientifiques ont émis l’hypothèse qu’ils présentaient un volume cérébelleux réduit, qui auraient limité leur expression, leur capacité de mémorisation, et plus globalement leur « flexibilité cognitive ». Publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, la nouvelle étude parvient à une conclusion bien différente.
Les comparaisons de crânes d’humains modernes contemporains provenant de différentes régions du globe a en effet révélé une fourchette de variations typique de celle documentée pour nos ancêtres et H. neanderthalensis. Pour neuf des treize régions cérébrales examinées, les auteurs de l’étude évoquent même une différence plus marquée entre les spécimens américains et chinois modernes.
Globalement, ces résultats questionnent largement la possibilité que les groupes néandertaliens tardifs, ayant coexisté dans l’ouest de l’Europe avec Homo sapiens pendant deux à cinq millénaires, aient été supplantés en raison de capacités cognitives nettement moindres.

Une forme de pensée abstraite et symbolique
Pour étayer cette hypothèse, l’équipe évoque une série de découvertes récentes (oeuvres rupestres, ornements et probables rites funéraires) indiquant une forme de pensée abstraite et symbolique chez H. neanderthalensis, longtemps considérée comme propre à notre espèce.
Ainsi, elle lie plus étroitement l’extinction étonnamment rapide des Néandertaliens à des populations réduites et isolées, et leurs métissages récurrents avec H. sapiens, ayant progressivement dilué leur « pool » génétique.
Plus tôt cette année, une étude avait révélé des origines bien différentes pour un supposé crâne néandertalien-sapiens.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: Homo sapiens, Néandertalien, cerveau
Catégories: Actualités, Histoire