— Alejandro Ivan Suarez / Shutterstock.com

À l’ère du coronavirus, les gestes barrières – dont le port du masque – sont essentiels pour éviter la propagation de la maladie. Malheureusement, certains s’obstinent à ne pas porter de masque, mettant leur vie en danger ainsi que celle des autres. Une étude a notamment démontré que davantage d’hommes que de femmes évitent le port de masque parce qu’ils le considèrent comme « un signe de faiblesse ».

Le port de masque, considéré comme un signe de faiblesse et une source de stigmatisation

Selon une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de la Middlesex University London au Royaume-Uni et du Mathematical Science Research Institute of Berkeley, en Californie, le port de masque obligatoire a un impact plus important sur les hommes que sur les femmes. Pourtant, il faut savoir que, jusqu’à présent, les statistiques ont montré que beaucoup plus d’hommes que de femmes sont touchés par le coronavirus, surtout en ce qui concerne les formes graves de la maladie. Et malgré les statistiques, l’étude a également montré que les hommes croient qu’ils sont moins susceptibles de contracter une forme sévère du Covid-19.

« Le fait que les hommes moins que les femmes aient l’intention de porter un cache-bouche peut s’expliquer en partie par le fait que les hommes plus que les femmes croient qu’ils ne seront relativement pas affectés par la maladie », ont expliqué Valerio Capraro et Hélène Barcelo, les auteurs principaux de l’étude dans une préimpression publiée sur PsyArXiv Preprints. Mais ce n’est pas la seule explication à la réticence dont font preuve les hommes au port du masque. En effet, en répondant aux questions nécessaires pour réaliser l’étude, il a été constaté que beaucoup d’hommes considèrent ce geste barrière comme « honteux, pas cool », « un signe de faiblesse » ou « une stigmatisation ».

Un résultat corroboré par d’autres études antérieures

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques à l’origine de l’étude ont mené l’enquête auprès de 2 459 individus localisés aux États-Unis. Ces individus sont notamment des membres d’Amazon Mechanical Turk, un marché de crowdsourcing en ligne. Les participants ont été interrogés sur leur intention de porter un masque facial à l’extérieur de la maison et de s’engager dans des activités sociales avec des personnes en dehors du cercle familial. Bien que les participants aient été des hommes pour une petite majorité de 51 %, l’enquête a révélé que 8 % d’entre eux ont dit ne pas vouloir porter de masque, contre un résultat de 5 % chez les femmes.

À noter que les participants à l’enquête sont essentiellement des représentants du milieu urbain. Il faut cependant noter qu’en approfondissant les résultats, il a également été révélé que les attitudes envers les masques faciaux varient en fonction des règles en place dans les régions où vivent les participants. En effet, ces différences entre les sexes concernant la réticence à porter un masque ont disparu dans les pays où ce geste barrière était obligatoire par rapport aux zones où les masques étaient facultatifs.

Par ailleurs, des recherches antérieures ont révélé des résultats similaires. Par exemple, un sondage réalisé par la Gallup/Knight Foundation entre le 14 et le 20 avril a montré que beaucoup plus de femmes que d’hommes ont déclaré avoir respecté de manière régulière les consignes de port de masque obligatoire au cours des sept derniers jours précédant l’enquête. Une autre étude datant de 2014 relative à l’épidémie de SRAS et de H1N1 à Hong Kong a également révélé un résultat identique. Ces différentes études ont ainsi montré que les femmes sont en fait moins enclines à prendre de risques que les hommes.

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