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Le plus ancien cheval connu pesait moins de 4 kilos… et il est allé dans l’espace

Un (léger) raccourci éditorial s’est glissé dans ce titre

Dans l’espace, personne ne vous entendra hennir. En particulier si vous êtes la mâchoire fossilisée d’un équidé préhistorique de la taille d’un chat domestique, qui vivait il y a un peu moins de 60 millions d’années.

Équidé de poche

Peu après la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d’années, les mammifères ont prospéré et se sont appropriés les niches écologiques auparavant occupées par ces reptiles géants. Quelques millions d’années plus tard, le climat de la Terre a brutalement changé, avec des émissions massives de carbone dans l’atmosphère qui ont entraîné un réchauffement rapide de la planète et l’acidification de ses océans.

Connue sous le nom de Maximum thermique du Paléocène-Éocène, cette période d’environ 200 000 ans a vu de nombreux animaux terrestres rapetisser de manière spectaculaire (avec certaines espèces voyant leur taille réduite de près de 70 %). Une trajectoire évolutive liée à la contrainte du cube-carré, impliquant qu’une réduction du volume corporel favorise la dissipation de la chaleur, et par extension la régulation thermique d’un organisme.

Parmi les créatures concernées, Sifrhippus sandrae, qui se trouve par ailleurs être la plus ancienne espèce d’équidé jamais identifiée. Évoluant dans les environnements forestiers de ce qui est aujourd’hui l’Amérique du Nord, ce cheval primitif, bien loin du gabarit de ses descendants actuels, a en effet vu son poids riquiqui de 5,4 kilos passer sous la barre des quatre il y a environ 56 millions d’années.

Comparaison d’un cheval Morgan moderne (1m50 au garrot pour un poids de 450 kilos) à S. sandrae (de la taille d’un chat et pesant environ 3,9 kilos) — © Danielle Byerley / Florida Museum of Natural History

L’étude de ses témoignages fossiles a révélé des différences anatomiques notables avec les chevaux modernes, notamment des pattes plus courtes dotées de plusieurs doigts fonctionnels, un crâne allongé et une dentition moins spécialisée, évoquant un régime alimentaire constitué de feuillage tendre et de végétation forestière basse plutôt que de pâture.

Le grand saut

En août 2024, un fragment de mâchoire de S. sandrae, des restes fossiles d’un minuscule primate ancien, ainsi que la coquille d’un gastéropode qui vivait il y a 3 millions d’années et était pourvu d’une « langue » dentée, ont effectué une brève virée dans l’espace.

Le trio faisait partie de la « cargaison » du généticien américain Rob Ferl, membre de l’équipage de la fusée New Shepard de Blue Origin.

Interrogé sur les raisons de ce choix, le scientifique avait expliqué avoir privilégié les représentants préhistoriques de lignées animales emblématiques, ayant développé des adaptations spectaculaires en réponse à un environnement changeant. Une allusion à peine voilée au réchauffement climatique et à notre propre espèce.

Pour aller plus loin, découvrez ces 10 objets étranges envoyés dans l’espace, incluant des os de dinosaures.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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