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Les Néandertaliens ont frôlé l’extinction il y a 75 000 ans

Leurs populations restreintes et isolées étaient sujettes aux unions consanguines

neandertal
— Chettaprin.P / Shutterstock.com

Ayant conquis une bonne partie de l’Eurasie et persisté des centaines de milliers d’années, les Néandertaliens formaient des populations isolées, sujettes aux unions consanguines. Deux caractéristiques les ayant vu frôler l’extinction au Pléistocène supérieur.

Des schémas génétiques révélateurs

Publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, une première étude a comparé l’ADN extrait d’un squelette de Néandertalien vieux de 110 000 ans, trouvé en Sibérie, à celui d’un autre de nos cousins disparus, qui vivait il y a 80 000 ans dans ce qui est aujourd’hui la Croatie.

De façon assez surprenante, le degré de différenciation génétique entre ces deux individus préhistoriques était supérieur à celui des Mbuti d’Afrique et des Papous de Nouvelle-Guinée, considérés comme les groupes humains modernes les plus éloignés sur ce plan, avec une période d’isolement estimée à 220 000 ans. Cela renforce l’idée de populations néandertaliennes très réduites et fragmentées.

Selon les chercheurs, le schéma observé implique une consanguinité récurrente, avec quelques milliers de couples reproducteurs seulement à l’échelle de l’Eurasie. Une tendance également suggérée par la seconde étude, basée sur les ADN mitochondriaux (transmis par la mère) de Néandertaliens vivant dans ce qui est aujourd’hui la France, l’Allemagne, la Belgique et la Serbie.

Des comparaisons étroites indiquent un goulot d’étranglement il y a environ 73 000 ans, lorsqu’un refroidissement marqué du climat a contraint nos cousins disparus à abandonner une grande partie de leur aire de répartition historique et à trouver refuge dans le sud de la France ainsi que la péninsule ibérique.

Neandertaliens
— Gorodenkoff / Shutterstock.com

Voués à disparaître

Lorsque les conditions climatiques sont redevenues plus clémentes il y a environ 65 000 ans, permettant aux Néandertaliens de regagner certaines des régions qu’ils avaient été contraints de quitter des milliers d’années plus tôt, une seule lignée mitochondriale subsistait.

Cette nouvelle dispersion ne s’est pas traduite par une augmentation significative de la taille de leurs populations ou du nombre d’individus fertiles. La situation s’est considérablement aggravée il y a entre 42 000 et 45 000 ans, avec l’arrivée de notre espèce sur les terres néandertaliennes, ayant dilué davantage le modeste pool génétique néandertalien, et de nouveaux bouleversements climatiques.

Globalement, ces nouveaux travaux appuient l’hypothèse d’une dynamique démographique précaire, qui a conduit H. neanderthalensis au bord de l’extinction à différentes reprises, avant qu’il ne disparaisse pour de bon, il y a environ 39 000 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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