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Une nouvelle étude publiée le 10 novembre dernier explique comment les déjections humaines polluent les rivières et les océans. Les scientifiques indiquent que cette forme de pollution est largement sous-estimée et représente une sérieuse menace pour les écosystèmes marins.

135 000 embouchures de rivières analysées

La pollution des rivières par les déjections humaines est très largement sous-estimée, selon une étude publiée dans la revue Plos One. En plus des produits chimiques et des microplastiques, les matières fécales humaines doivent être prises en compte lorsque l’on parle de la pollution des rivières et des océans. Cette nouvelle étude a été menée par des chercheurs issus de la Columbia Climate School à New York et de l’université de Californie à Santa Barbara.

« Contrairement aux fuites d’hydrocarbures ou au plastique, les effluents humains sont invisibles. J’ai vu des plages magnifiques qui semblaient parfaitement propres, mais quand nous avons testé la qualité de l’eau, elle contenait une grande quantité d’agents pathogènes », a indiqué Joleah Lamb, un chercheur de l’université de Californie.

Les scientifiques ont analysé le taux d’azote et d’agents pathogènes dans 135.000 embouchures de rivières dans le monde. Ils ont ainsi découvert que les eaux usées ajoutent 6,2 millions de tonnes d’azote par année dans les eaux côtières, ce qui équivaut à environ 40 % de l’azote provenant de l’agriculture. Ils soulignent que 63 % du total d’azote des eaux usées provient des systèmes d’égouts, 5 % des fosses septiques et 3,2 % des apports directs.

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Une menace pour les écosystèmes marins

L’étude démontre que près de la moitié de l’azote des eaux usées provient de seulement 25 bassins versants. Ces bassins sont concentrés en Inde, en Corée et en Chine. Le fleuve Chang Jiang (Yangtze) en Chine représente à lui seul 11 % des rejets mondiaux.

L’on se doute bien que cette pollution n’est pas sans conséquences. Selon les chercheurs, 58 % des récifs de coraux et 88 % des herbiers marins seraient affectés par les déjections humaines. « Cette pollution vient s’ajouter aux autres pressions anthropiques comme la surpêche, la dégradation des habitats, l’artificialisation des côtes ou le réchauffement climatique », avertissent-ils.

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