— Damsea / Shutterstock.com

Des chercheurs espagnols ont récemment mis en évidence le rôle méconnu des herbiers marins dans la réduction de pollution plastique. Selon eux, ceux-ci piègent annuellement des centaines de millions de déchets plastiques, qui sont ensuite transportés jusqu’au rivage.

Une contribution insoupçonnée

Alors que de précédents travaux avaient montré qu’une part des plastiques finissant au fond de la mer étaient inexorablement rejetés sur les plages, le phénomène impliqué était jusqu’à présent mal compris. Dans le cadre de travaux récemment présentés dans la revue Scientific Reports, des chercheurs de l’université de Barcelone ont entrepris d’étudier le rôle que les herbiers marins, connus pour stocker jusqu’à 18 % du carbone absorbé par les océans, pouvaient jouer dans le piégeage et l’élimination du plastique.

Entre 2018 et 2019, l’équipe a étudié la quantité de débris plastiques retrouvés dans des « ballots de Neptune » (agglomérats sphériques constitués de fibres végétales provenant d’herbiers marins) sur quatre plages de la ville de Majorque, touchée de plein fouet par la pollution plastique et dont les eaux côtières sont connues pour abriter de vastes prairies sous-marines.

« Les fonds marins constituent l’un des ultimes puits pour les plastiques d’origine terrestre », soulignent les chercheurs. « S’il avait été précédemment montré qu’une partie des plastiques reposant sur les fonds marins côtiers étaient rejetés sur le rivage, nous ne savions globalement que peu de choses sur les processus naturels de piégeage conduisant à leur retour sur la terre ferme. »

Exemples de ballots de Neptune — © University of Barcelona

Bien que le sort du plastique une fois rejeté sur le rivage reste inconnu, les chercheurs ont comptabilisé jusqu’à 1 470 débris plastiques par kilogramme de ballot, ce qui, combiné aux estimations de la production annuelle de fibres végétales en Méditerranée, porte à 867 millions le nombre de plastiques piégés chaque année grâce aux prairies marines.

De nombreux services et avantages écosystèmiques

Selon Anna Sanchez-Vidal, auteure principale de l’étude, en raison des concentrations élevées de microplastiques trouvées en surface et au niveau du plancher océanique méditerranéen, il est aujourd’hui essentiel d’assurer la conservation des prairies sous-marines, dont la surface a diminué de près de 50 % depuis le début des années 1960 en Méditerranée.

« Les prairies sous-marines sont très répandues dans les eaux côtières peu profondes et fournissent d’importants services et avantages écosystémiques, tels que l’amélioration de la qualité de l’eau, l’absorption de CO2, l’atténuation du changement climatique, la production de sédiments pour la stabilisation des fonds marins et des plages, la protection des côtes, ainsi que des ressources alimentaires et un refuge pour de nombreuses espèces, et le soutien de la production halieutique », concluent les scientifiques.

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