
De nouvelles recherches suggèrent qu’il y a environ 200 millions d’années, l’Arctique abritait une masse continentale trois fois plus vaste que l’Antarctique actuel. Celle-ci aurait contribué à un refroidissement massif du climat mondial, et permis aux dinosaures de prospérer.
De nouvelles pièces du puzzle
On a longtemps supposé que pendant la majorité de l’ère mésozoïque, il y a entre 252 et 66 millions d’années, les masses terrestres, à l’exception de ce qui est aujourd’hui la Sibérie et la Chine, étaient regroupées, formant un supercontinent appelé Pangée. Alors qu’il avait été proposé que ces deux fragments continentaux se trouvaient dans des sections tempérées de la Panthalassa, vaste océan global, de nouvelles analyses géologiques évoquent un tout autre scénario.
En se basant sur la dérive des continents et les caractéristiques magnétiques de roches anciennes, révélatrices des latitudes sous lesquelles elles se sont formées, Paul Olsen, de l’université Columbia, et ses collègues sont parvenus à la conclusion que ces deux masses étaient en fait reliées à la Pangée, et couvraient l’essentiel du cercle arctique.
Au début du Mésozoïque, le climat terrestre était nettement plus chaud qu’aujourd’hui. Il y a 201 millions d’années, correspondant au Trias, la Pangée a commencé à se fragmenter, donnant naissance à l’océan Atlantique. L’intense activité volcanique qui a accompagné ce phénomène a coïncidé avec un épisode de refroidissement global, une baisse du niveau de la mer, l’extinction de nombreux grands animaux et… l’avènement des dinosaures.
Selon Olsen, ce continent arctique préhistorique permettrait de résoudre en grande partie une énigme climatologique et biologique tenace.

Refroidissement planétaire
Même sous un climat plus chaud, une vaste masse continentale au niveau du pôle Nord aurait connu des hivers froids, avec une couverture neigeuse et glacée contribuant à refléter une part significative du rayonnement solaire.
« La libération d’aérosols dans l’atmosphère due à l’intense activité volcanique aurait empêché la fonte estivale dans le Grand Nord », détaille Olsen. « La boucle de rétroaction en découlant aurait permis le maintien de conditions vraiment froides, et peut-être la formation d’une calotte polaire temporaire à l’échelle de milliers d’années. »
Ainsi, l’accumulation de glace expliquerait la baisse du niveau de la mer, et le refroidissement brutal du climat, associé aux hivers volcaniques, l’extinction de nombreuses espèces. Un sort auquel un certain nombre de dinosaures, adaptés aux climats froids et couverts d’un plumage dense, auraient échappé. « Lorsque la Terre entière s’est refroidie, ils étaient prêts à la conquérir », conclut Olsen.
Précédemment, des chercheurs avaient lié l’essor de ces reptiles géants à un intense épisode pluvieux.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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