
De nouvelles recherches révèlent une augmentation annuelle sensible de la température corporelle des femmes entre la vingtaine et la quarantaine, avec des implications potentielles pour le suivi de leur santé.
Une tendance généralisée
Publiés dans la revue Science Translational Medicine, ces travaux ont impliqué le réexamen des données d’une étude menée dans les années 1990. Dans le cadre de celle-ci, plus de 750 femmes de différents âges avaient pris quotidiennement au réveil leur température corporelle à l’aide d’un thermomètre rectal ou buccal.
Si ses auteurs avaient à l’époque remarqué qu’elle était plus basse pendant la première moitié du cycle menstruel et plus élevée durant la seconde, après l’ovulation, Marie Gombert-Labedens et ses collègues ont établi que, chaque année entre 18 et 42 ans, elle avait tendance à augmenter légèrement.
En moyenne, les femmes âgées de 35 ans et plus présentaient par exemple une température supérieure d’environ 0,05 °C à celle des participantes plus jeunes, tout au long du cycle menstruel.
Women get gradually hotter from age 18 to 42, and no one really knows why. https://t.co/LMz1WrPLFp
— New Scientist (@newscientist) May 20, 2026
Selon l’équipe, ces résultats font écho à ceux d’une précédente étude, qui avait révélé une température cutanée, mesurée en continu au niveau du doigt par une bague connectée, plus élevée chez les femmes âgées de 42 à 55 ans que chez celles ayant entre 18 et 35 ans.
De possibles changements hormonaux
Gombert-Labedens lie potentiellement cette trajectoire à des changements hormonaux, plus marqués à l’approche de la ménopause et à l’origine de bouffées de chaleur et de sueurs nocturnes. Une hypothèse appuyée par d’autres recherches, ayant montré qu’après celle-ci, la température corporelle moyenne des femmes diminuait et se rapprochait de celle des hommes.
D’après la chercheuse, à mesure que les bagues et autres appareils connectés munis de capteurs de température se démocratisent, il sera plus facile d’identifier des schémas signalant l’approche de la ménopause, révélateurs du vieillissement biologique ou de cancer et d’autres pathologies.
Les prochaines étapes consisteront à préciser cette trajectoire chez les femmes utilisant des contraceptifs hormonaux et souffrant de troubles tels que le syndrome des ovaires polykystiques.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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