Alors que l’épidémie de coronavirus continue de se propager à travers le monde, nombreux sont les pays, tels que la France ou encore l’Italie, qui mettent en place des mesures de confinement et de restrictions nous obligeant à ne sortir qu’en cas de nécessité absolue. Une telle situation peut être très pesante pour beaucoup. Mais comment faire pour continuer à vivre normalement dans un cadre apaisant et sans céder à l’angoisse ?

« Il ne faut surtout pas rester inactif et alimenter son angoisse« 

« Ne pas pouvoir faire les choses qui nous animent, cela peut amener un ressenti très difficile à vivre. Une jeune femme, qui s’est elle-même confinée après être revenue d’une zone à risque, a comparé ce qu’elle a vécu à une sorte d’emprisonnement« , explique Charline Schmerber, analyste psycho-organique. « Préserver les autres mais aussi l’environnement, c’est une prise de responsabilité individuelle qui engage sa loi personnelle« , ajoute-t-elle. S’habituer à vivre confiné n’est donc pas une mince affaire et peut être angoissant pour beaucoup.

Cela nécessite d’avoir un mental d’acier, une « capacité de résilience pour vivre son confinement sans y succomber« , comme le rapporte Olivier Nison, psychosomathérapeute. « La solitude peut aller jusqu’à engendrer une tendance à l’hypocondrie, d’autant plus dans la situation actuelle et même des crises d’angoisse. Il ne faut surtout pas rester inactif et alimenter son angoisse« , précise-t-il.

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Rester en contact avec ses proches

« Il est essentiel de parler le plus possible, parler régulièrement, parler de ses peurs et de ses angoisses à ses proches« , ajoute Olivier Nison. « La peur est le sentiment le plus contagieux« , comme l’explique Charline Schmerber. Il faut donc rester un maximum en contact avec ses proches.

« Une permanence téléphonique, gérée par des personnes formées à l’écoute émotionnelle » est également ouverte pour celles souffrant de leur solitude : le 09.72.39.40.50 de l’association SOS Amitié, dont Olivier Nison a déjà fait partie. Toutefois, Charline Schmerber explique que « l’usage des réseaux sociaux est fortement déconseillé pour combattre la solitude. Les réseaux sociaux forment une relation entre une personne face à la masse. » Ainsi, une personne se rendant sur les réseaux sociaux peut rapidement angoisser avec toutes les informations qui y sont diffusées. C’est la raison pour laquelle ces spécialistes conseillent vivement un contact humain permanent.

« Il faut contenir le virus, mais aussi le mal-être des gens. Notre pays n’a jamais fait l’expérience émotionnelle d’un confinement généralisé : tentons d’en retenir une leçon, à l’avenir« , ajoute Charline Schmerber.

Garder un rythme de vie normal et se distraire

Afin de pas sombrer dans l’angoisse, ces experts ont également expliqué qu’il est important de garder un rythme de vie similaire à celui que vous aviez au quotidien. Ainsi, ils conseillent d’avoir le même rythme horaire, du lever au coucher. Pour ceux qui travaillent de chez eux, il est essentiel pour eux de travailler dans un environnement agréable et commode. « Ne travaillez pas de votre lit si vous ne le feriez pas en temps normal« , explique Charline Schmerber. « Il faut conserver un certain rituel pour permettre d’avoir un cadre et des repères structurants« , ajoute Olivier Nison. Cela peut notamment se traduire par des pauses café, des rendez-vous téléphoniques ou encore des visioconférences quotidiennes. « L’essentiel c’est d’être en lien avec les autres et de pouvoir maintenir une activité physique. »

Par ailleurs, « paniquer n’a jamais été un moyen constructif de se sortir d’une solution difficile. Il faut impérativement donner du sens à son activité. Il faut parvenir à surpasser cet événement traumatisant en donnant du sens« , remarque Olivier Nison. Il recommande donc de profiter des moments d’ennui afin de réaliser des choses que vous n’avez habituellement pas le temps de faire : la lecture, les films, les séries, les jeux vidéo, le dessin, le sport. « Personnellement, je conseillerais d’essayer la méditation« , estime Charline Schmerber.

Pour pouvoir continuer de se divertir, alors que les musées, les cinémas et autres lieux culturels sont tous fermés, diverses plateformes en ligne sont disponibles ou ont été créées : 500 musées du monde entier sont visitables en ligne, l’extension Google Chrome Netflix Party vous permet de regarder des films et séries à distance et en même temps que vos proches, si vous êtes un grand gamer vous pouvez organiser des sessions de jeu en ligne avec vos amis, plusieurs films sont rendus gratuits et l’Opéra de Paris propose gratuitement des spectacles en ligne.

Ainsi, il semblerait que le plus important durant cette période de confinement est de rester solidaires et de se soutenir jusqu’au bout. « Pour les personnes les plus résilientes, il peut être utile de mettre cette qualité à profit des autres qui ne la possèdent pas nécessairement« , conclut Charline Schmerber.

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