Le service météorologique national britannique a récemment déterminé que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère devraient se révéler cette année 50 % plus élevées que celles de l’ère pré-industrielle.

Une durée de vie particulièrement longue

Mis en service en 1958 à Hawaï, l’observatoire de Mauna Loa représente la station référence pour les mesures des niveaux de CO2 atmosphérique. Ces dernières étant largement influencées par des facteurs géographiques, le fait d’avoir une station en service depuis tant d’années permet une comparaison efficace avec les données antérieures et des prédictions plus fiables.

Alors qu’une baisse de 7 % des émissions de CO2 avait été enregistrée l’année dernière en raison de la pandémie de Covid-19, les météorologues du Met Office ont déterminé dans un récent rapport que les niveaux annuels moyens de dioxyde de carbone devraient augmenter d’environ 2,29 ppm (parties par million) par rapport à 2020. Ce qui représenterait environ 150 % de la concentration enregistrée à la fin du 18e siècle, avant que la révolution industrielle n’entraîne une augmentation massive de ce type d’émissions.

« Comme le CO2 reste très longtemps dans l’atmosphère [environ 100 ans], les émissions annuelles s’ajoutent à celles des années précédentes et font que la concentration de ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter », détaille Richard Betts, qui supervise les prévisions annuelles du Met Office.

Selon les Nations unies, les émissions provenant de l’énergie, de la production alimentaire, des transports et de l’industrie doivent diminuer de 7 % par an chaque année au cours de la prochaine décennie pour espérer atteindre l’objectif de l’accord de Paris sur le climat. Cet accord international vise à maintenir le réchauffement climatique « bien en dessous » de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels (idéalement en dessous de 1,5 degré Celsius).

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Des perspectives peu réjouissantes

Actuellement, on estime que la Terre s’est réchauffée d’un peu plus d’1 degré Celsius depuis le début de la révolution industrielle, ce qui s’est d’ores et déjà traduit par une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes (tempêtes tropicales, inondations, sécheresses) et une fonte accélérée des glaces du globe, qui devrait entraîner une augmentation significative du niveau des océans d’ici 2100 si le réchauffement se poursuit à ce rythme.

Selon le Met Office, s’il a fallu environ deux siècles pour que les concentrations atmosphériques de CO2 augmentent de 25 % par rapport aux niveaux préindustriels, trente années supplémentaires ont suffi à faire doubler ce chiffre.

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« Pour inverser cette tendance et ralentir l’augmentation des niveaux de CO2 dans l’atmosphère, il faudra réduire les émissions mondiales, et atteindre la neutralité carbone pour y mettre un terme », concluent les auteurs du rapport.

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