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On accuse souvent les hommes de penser avec leurs attributs virils. Si l’on pense généralement qu’il s’agit juste d’une métaphore, cela pourrait ne pas être le cas. Une étude a en effet démontré qu’il y a de nombreux points communs entre le cerveau et les testicules, et ce, malgré le fait que ces deux organes ont des fonctions tout à fait différentes de prime abord.

Des ressemblances frappantes entre les deux organes

Le cerveau est sans aucun doute la structure la plus complexe de l’être humain et, malgré de nombreuses années d’études, certains mystères persistent encore sur son fonctionnement. On peut ainsi dire que le cerveau est un organe incomparable. Une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’université d’Aveiro et de l’université de Porto, toutes deux au Portugal, ainsi que de l’université de Birmingham au Royaume-Uni a pourtant montré qu’il était possible de comparer le cerveau aux testicules. Plus étonnant encore, les deux organes partagent pas moins de 13 000 points communs, a rapporté l’étude publiée dans la revue Royal Society Open Biology.

Très certainement, ces similitudes ne concernent pas la structure de ces organes ou leur fonction. Il s’agit en fait des protéines que l’on y trouve. « Le cerveau et les testicules ont le plus grand nombre de protéines en commun, par rapport aux autres organes », ont ainsi affirmé les chercheurs dans leur papier. « Sur le total de 14 315 et 15 687 protéines qui constituent respectivement le protéome du cerveau et du testicule humain, 13 442 sont communes aux deux tissus », ont précisé les chercheurs, ajoutant qu’un bon nombre de ces protéines sont impliquées dans le développement des tissus et la communication cellulaire.

Les protéines présentes à la fois dans les testicules et le cerveau.  © Bárbara Matos et al. Open Biology
© Bárbara Matos et al. Open Biology

Des objectifs fonctionnels différents, mais des modes de fonctionnement similaires

Notons que des recherches antérieures ont déjà suggéré qu’il pourrait y avoir des liens entre le dysfonctionnement sexuel et les troubles cérébraux, ou même entre l’intelligence et la qualité du sperme. Cette nouvelle étude explique pourquoi de tels liens existent, a rapporté IFL Science. Par ailleurs, les chercheurs ont expliqué que les similitudes ne se limitent pas seulement aux protéines. Si les objectifs fonctionnels sont effectivement différents, les deux organes sont étrangement similaires. Tout d’abord, ils consomment tous les deux beaucoup d’énergie, notamment pour des processus complexes comme la réflexion ou la production de millions de spermatozoïdes par jour.

Pour cette raison, les deux tissus sont sensibles au stress oxydatif qui pourrait endommager les cellules et les tissus. Pour lutter contre ce problème, les deux ont leur propre barrière protectrice : une barrière hématoencéphalique et une barrière hématotesticulaire. Autre point commun, les neurones et les cellules des testicules fonctionnent également de la même manière. Par exemple, le cerveau est constitué de neurones soutenus par des cellules gliales, et les testicules contiennent également des cellules de soutien, appelées cellules de Sertoli. De plus, ces deux types de cellules effectuent une exocytose, un mécanisme par lequel la cellule sécrète des biomolécules nécessaires au bon fonctionnement de chaque organe.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont comparé les protéines de 33 types de tissus, dont ceux du cerveau, des testicules, du cœur, des ovaires, du foie, de la prostate, du col de l’utérus et des reins. Si les scientifiques ont réalisé cette étude, c’est parce qu’il a été établi depuis un bon moment que l’on peut observer de nombreuses similarités entre le cerveau et les testicules. Les chercheurs ont voulu savoir pourquoi. « Ce que nous avons apporté de nouveau au sujet, c’est une comparaison exhaustive entre le cerveau et les testicules, prenant en compte différentes perspectives », a déclaré Margarida Fardilha, auteure principale, à Inverse. Les chercheurs ont également expliqué que cette étude était importante dans la mesure où ces nouvelles informations pourraient aider à faire avancer les traitements sur les problèmes qui affectent à la fois les testicules et le cerveau.

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