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Un groupe fantôme éclaire les origines du peuplement humain de l’Amérique du Sud

Il était étroitement apparenté aux ancêtres des populations autochtones d’Australasie

— Laszlo Mates / Shutterstock.com

L’Amérique du Sud a constitué l’ultime étape des migrations humaines à l’échelle des continents, avec plusieurs vagues majeures de peuplement. De nouveaux séquençages génétiques révèlent l’existence d’un groupe « fantôme », apparenté aux populations actuelles d’Australasie.

Une troisième vague de dispersion

L’ascendance génétique des populations sud-américaines ayant été relativement peu explorée par rapport à celles d’autres continents, les chercheurs ont séquencé les génomes de 128 individus y vivant aujourd’hui, puis les ont comparés à des échantillons d’ADN humain ancien provenant à la fois de cette partie du globe et d’Amérique centrale.

Les premiers résultats appuient les théories existantes fondées sur des preuves archéologiques et génétiques, avec une vague initiale de colons arrivée en Amérique du Sud il y a environ 12 500 ans, et une seconde environ 3 500 ans plus tard. Alors que la première était étroitement apparentée à la culture Clovis, qui vivait en Amérique du Nord, la seconde présentait une affinité génétique plus forte avec les groupes autochtones actuels.

De façon plus inattendue, une affinité génétique distincte et jusqu’alors inconnue suggère une troisième vague de dispersion depuis les Caraïbes il y a environ 2 500 ans, qui se serait propagée à une large partie du continent. Des analyses complémentaires ont révélé des schémas génétiques proches de ceux des populations actuelles d’Australasie chez leurs homologues amazoniennes.

Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Nature, supposent que les ancêtres de ces communautés se sont métissés avec une lignée asiatique appelée Ypykuéra, décrite comme un « clade frère des Australasiens actuels ». On pense que ses représentants occupaient la Béringie (pont terrestre reliant autrefois l’Alaska à la Sibérie) et ont croisé la route des ancêtres des Amazoniens modernes il y a environ 10 000 ans.

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— Yurchanka Siarhei / Shutterstock.com

Avantages évolutifs probables

Bien que 2 % seulement du génome de ces populations sud-américaines actuelles provienne des Ypykuéra, le fait que cette proportion soit restée stable à l’échelle des dix derniers millénaires suggère d’éventuels avantages évolutifs.

En approfondissant ses recherches, l’équipe a découvert que le gène LINC00871 était fortement associé à la fertilité, tandis que d’autres, également partagés avec les Australasiens modernes, jouaient un rôle clé dans la signalisation immunitaire, la régulation de l’insuline ainsi que la croissance tumorale.

Globalement, de telles découvertes renforcent l’idée d’une sélection positive ayant contribué à la résilience et à la pérennité des groupes humains lors de leur dispersion dans des régions jusqu’alors inoccupées d’Amérique du Sud.

Il y a quelques mois, des chercheurs avaient découvert les traces d’une mystérieuse population humaine ancestrale en Colombie.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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