
Si, à l’échelle de dizaines de milliers d’années, notre héritage génétique néandertalien s’est progressivement dilué, de nouvelles recherches montrent que l’ADN de nos cousins disparus continue d’influencer notre structure cérébrale.
Héritage persistant
Le cerveau des Néandertaliens ne présentant pas la forme globulaire typique observée chez Homo sapiens, on suppose que bon nombre des gènes que nous avons hérités de ces anciens humains auraient eu des effets délétères sur notre développement neurologique, et de ce fait été progressivement éliminés.
Toutefois, le fait qu’environ 2 % du génome des populations non africaines actuelles provienne de H. neanderthalensis indique qu’une part de ce matériel génétique subsiste. Afin de préciser son influence, des chercheurs italiens ont examiné 40 000 scanners cérébraux, établissant un lien entre des centaines de traits neurologiques différents et des variations génétiques typiques de Néandertal.
Pré-publiée sur le serveur bioRxiv, la nouvelle étude révèle 28 emplacements génomiques distincts où l’ADN néandertalien semble affecter notre développement neurologique. L’équipe a constaté que dans le cas du seul gène DAAM1, sur notre quatorzième chromosome, les variantes néandertaliennes influençaient 39 caractéristiques morphologiques différentes au sein des cortex occipital et pariétal.
Bien que dans ce cas précis, elle semble limiter le risque de schizophrénie, les variantes du gène PRDM5 (quatrième chromosome) ont de leur côté été liées à l’amincissement du cortex fronto-pariétal, associé lui-même à une susceptibilité accrue à la dépression sévère, à la dépendance et aux troubles de la personnalité. Les chercheurs évoquent également celles du gène LC13A3, influençant la structure de notre substance blanche et corrélées à une augmentation du risque de leucoencéphalopathie et de « crises neurologiques occasionnelles ».

Une influence subtile, mais biologiquement significative
Dans l’ensemble, ces découvertes appuient l’hypothèse voulant que la plupart des variants génétiques néandertaliens affectant la morphologie cérébrale aient été essentiellement délétères pour H. sapiens.
« Ceux ayant réussi à échapper à la sélection naturelle continuent à influencer l’organisation et la connectivité corticales de manière subtile mais significative sur le plan biologique, avec des implications pour des troubles neuropsychiatriques tels que la schizophrénie et la dépression », concluent les chercheurs.
Précédemment, les gènes néandertaliens avaient été liés au fait d’être du matin.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: Homo sapiens, Néandertalien, cerveau
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