Le bonus écologique n’existe plus depuis le 1er juillet 2025. À sa place, un empilement de dispositifs financés par les certificats d’économies d’énergie, dont les barèmes ont encore changé le 31 juillet 2026 et dont plusieurs s’arrêtent au 31 décembre. Le montant maximum atteint 7 365 € pour un véhicule neuf, avec une majoration si la voiture et sa batterie sont produites dans l’Espace économique européen mais il dépend de votre décile de revenu, de votre kilométrage professionnel, du poids du véhicule et de son score environnemental. Voici la grille complète, les conditions réelles, et les trois pièges qui font perdre l’aide au moment de la facture.
Un mot sur la logique du système, parce qu’elle explique sa complexité. Le bonus écologique était une subvention publique versée par l’État. Les dispositifs actuels reposent sur les certificats d’économies d’énergie : ce sont les fournisseurs d’énergie qui paient, en échange d’obligations réglementaires. Le versement passe donc par un opérateur privé, avec des barèmes révisés plus souvent qu’un budget de l’État.
Conséquence pratique immédiate : les montants ci-dessous sont ceux en vigueur depuis le 31 juillet 2026, et ils peuvent bouger. Le réflexe à prendre est de faire confirmer le montant par écrit avant de signer le bon de commande, pas après. C’est la même logique que celle des primes de rénovation énergétique, dont nous avions décrit les revirements dans notre comparatif du coût des modes de chauffage.
Ce dossier prolonge notre travail sur la mobilité, du cadre légal des trottinettes et vélos électriques aux options tarifaires d’électricité, qui deviennent déterminantes dès qu’on recharge à domicile.

La grille des aides pour un véhicule neuf
Le dispositif s’appelle Coup de pouce et porte la référence TRA-EQ-117. Les montants dépendent du décile de revenu fiscal de référence et du niveau de performance retenu.
| Profil | Niveau 1 | Niveau 2 |
|---|---|---|
| Déciles 1 à 3 — ménages précaires | 5 081,85 € | 6 775,80 € |
| Déciles 4 et 5 — ménages modestes | 5 523,75 € | 7 365,00 € |
| Déciles 6 à 8 — gros rouleurs | 5 523,75 € | 7 365,00 € |
| Déciles 6 à 8 — autres | 3 314,25 € | 4 419,00 € |
| Déciles 9 et 10 | 3 314,25 € | 4 419,00 € |
Les conditions communes sont cumulatives et ne souffrent aucune exception : prix d’achat inférieur ou égal à 47 000 € TTC, véhicule neuf en première immatriculation, masse inférieure à 2 400 kg, engagement de conservation ou de location d’au moins deux ans, et score environnemental suffisant.
Une majoration est prévue lorsque le véhicule et sa batterie sont produits dans l’Espace économique européen. C’est le mécanisme qui écarte de fait une large partie des modèles importés d’Asie, y compris certains vendus par des constructeurs européens.
La nouveauté de la rentrée : l’aide « gros rouleurs »
C’est le dispositif qui manquait, et il répond à une anomalie du système : un artisan ou un professionnel de santé libéral en zone rurale, avec un revenu situé dans les déciles 6 à 8, dépend totalement de sa voiture et n’avait accès ni au leasing social ni aux montants majorés du Coup de pouce.
La condition centrale est un kilométrage professionnel d’au moins 12 000 km par an. Elle ouvre l’accès au barème des ménages modestes, soit 5 523,75 € au niveau 1 et 7 365 € au niveau 2, pour des foyers qui touchaient auparavant 3 314,25 € ou 4 419 €. L’écart atteint donc près de 3 000 €.
Deux points de vigilance. Le dispositif court du 31 juillet au 31 décembre 2026 : c’est une fenêtre de cinq mois, et la date de fin est ferme. Et certaines modalités de justification du kilométrage restaient en cours de précision au moment où nous écrivons faites confirmer par écrit les pièces exigées avant de vous engager.
L’occasion entre dans le dispositif
C’est la nouveauté la moins commentée et probablement la plus utile socialement. Une prime dédiée aux véhicules électriques d’occasion, référencée TRA-EQ-133, a été lancée en septembre 2026.
| Profil | Montant |
|---|---|
| Ménages précaires | 1 316,50 € |
| Ménages modestes | 4 485,30 € |
Les conditions sont spécifiques et méritent attention : prix inférieur ou égal à 25 000 € TTC, état de santé de la batterie supérieur ou égal à 80 %, poids inférieur à 1 800 kg, durée de location minimale de 36 mois le cas échéant, et un plafond de cinq véhicules.
La condition sur la batterie est la plus importante et la moins connue. Elle impose de disposer d’un certificat d’état de santé le fameux SoH avant l’achat. C’est une excellente chose pour l’acheteur, puisque c’est exactement le point sur lequel se joue la valeur réelle d’une électrique d’occasion, et une contrainte réelle pour les vendeurs particuliers qui n’ont jamais fait réaliser ce diagnostic.
Le leasing social, et pour qui il reste pertinent
Relancé le 30 septembre 2025, le dispositif cible les revenus fiscaux de référence par part inférieurs ou égaux à 16 300 €. Les loyers sont plafonnés entre 140 et 200 € par mois selon les modèles, pour une durée minimale de trois ans, avec une aide intégrée pouvant atteindre 7 000 €.
Deux points le distinguent du Coup de pouce. L’aide n’est pas cumulable avec les autres dispositifs : c’est l’un ou l’autre. Et un quota de 5 000 véhicules est réservé aux habitants des zones à faibles émissions, ce qui constitue un avantage réel si vous en dépendez.
Le leasing social est intéressant pour qui ne peut pas mobiliser un apport et veut un budget mensuel connu. Il l’est moins pour qui roule beaucoup, les contrats comportant des plafonds kilométriques dont le dépassement se facture.
Les dispositifs annexes, dont un qui ne fonctionne pas
Le microcrédit véhicule propre s’adresse aux ménages précaires, jusqu’à 8 000 € sur sept ans, avec un accès conditionné à un accompagnement social. C’est un outil utile et confidentiel.
Les aides locales se cumulent souvent avec les dispositifs nationaux et varient fortement d’une région à l’autre. Le simulateur public jechangemavoiture.gouv.fr les recense, et c’est la seule source à jour puisqu’elles changent au rythme des budgets locaux.
Le prêt à taux zéro mobilité mérite une mention pour une raison inverse : le dispositif a été prolongé, mais aucun établissement bancaire n’a signé la convention nécessaire à sa mise en œuvre. Il existe sur le papier et pas dans les agences. Ne construisez aucun plan de financement dessus.

Les trois pièges qui font perdre l’aide
Le score environnemental. C’est la première cause de refus, et elle se découvre souvent après la commande. Le score dépend de la provenance des matériaux, du lieu d’assemblage et du transport. Deux versions d’un même modèle, produites sur des sites différents, peuvent avoir des éligibilités opposées. Exigez le numéro d’éligibilité du modèle exact, finition comprise, avant de signer.
La masse du véhicule est le deuxième. Le plafond de 2 400 kg pour le neuf et de 1 800 kg pour l’occasion élimine mécaniquement une partie des SUV électriques, y compris des modèles présentés comme familiaux. La masse en ordre de marche figure sur le certificat d’immatriculation, rubrique G1.
La chronologie du dossier est le troisième et le plus frustrant. Ces primes reposent sur les certificats d’économies d’énergie, ce qui impose que le devis soit signé et le dossier ouvert avant la commande. Un dossier constitué après la facture est irrecevable, quel que soit votre profil. C’est la règle qui fait perdre le plus d’aides, et elle ne souffre aucune régularisation.
Le calcul qui vient après l’aide
Une aide de 7 000 € rend un véhicule accessible ; elle ne dit rien de ce qu’il coûtera à l’usage. Deux postes déterminent l’économie réelle, et le second est presque toujours oublié.
Le premier est le prix de l’électricité de recharge. Une recharge complète représente 40 à 70 kWh selon la batterie. Au tarif réglementé de base, à 0,2001 € le kWh, cela situe le plein entre 8 et 14 €. En heures creuses, à 0,1589 €, entre 6,40 et 11 €. L’écart annuel dépasse largement le coût de changement d’option tarifaire, qui est nul.
Le second est l’option elle-même. Recharger à domicile fait franchir le seuil de rentabilité de l’option heures creuses sans effort particulier c’est le cas d’usage qui la justifie le mieux, et nous avions établi que ce seuil se situe à 25,5 % de la consommation annuelle décalée. Une recharge nocturne le franchit à elle seule.
Un troisième poste mérite d’être anticipé : la dégradation de la batterie. Elle conditionne la valeur de revente et, désormais, l’éligibilité de votre véhicule à la prime occasion pour son futur acheteur, avec ce seuil de 80 % d’état de santé. C’est un argument concret pour soigner les habitudes de charge, sujet sur lequel le comportement réel d’une batterie à faible charge réserve quelques surprises.

La borne à domicile, le poste qu’on oublie de budgéter
Une aide de 7 000 € sur le véhicule ne dit rien du coût de l’installation qui va avec, et c’est une dépense réelle que beaucoup découvrent après la commande.
Trois configurations existent. La prise renforcée, autour de 300 à 500 € posée, délivre environ 3,2 kW et remplit une batterie de 50 kWh en une quinzaine d’heures suffisant pour un usage quotidien avec recharge nocturne. La borne murale de 7,4 kW, entre 1 000 et 1 700 € posée, divise ce temps par deux. La borne triphasée de 11 à 22 kW n’a d’intérêt que si votre installation électrique est déjà en triphasé et si vous roulez beaucoup.
Deux points techniques déterminent le devis bien plus que la puissance annoncée. La distance entre le tableau électrique et l’emplacement de la borne, puisque le câble est facturé au mètre et représente souvent le tiers du coût. Et la puissance souscrite de votre abonnement : une borne de 7,4 kW sur un compteur de 6 kVA impose soit une augmentation de puissance, soit un système de pilotage dynamique de la charge.
En copropriété, le droit à la prise permet d’imposer l’installation à ses frais sans que l’assemblée générale puisse s’y opposer, sous réserve d’en informer le syndic. C’est un droit réel et méconnu, et le refus n’est possible que pour un motif technique sérieux.
Trois profils, trois arbitrages
Revenu fiscal de référence par part inférieur à 16 300 €, pas d’apport. Le leasing social est le dispositif le plus adapté : loyer plafonné entre 140 et 200 €, aide intégrée jusqu’à 7 000 €, aucun apport. La contrainte est le plafond kilométrique du contrat, à vérifier au regard de votre usage réel.
Déciles 6 à 8, plus de 12 000 km professionnels par an. C’est la configuration qui gagne le plus cette année. Le passage au barème gros rouleurs représente près de 3 000 € de mieux que le barème standard de votre décile, et la fenêtre se ferme le 31 décembre. Si l’achat était prévu en 2027, l’avancer se chiffre.
Budget contraint, usage modéré. La prime occasion change la donne : 4 485,30 € pour un ménage modeste sur un véhicule à 25 000 € maximum ramène le reste à charge au niveau d’une thermique d’occasion équivalente. La condition d’état de santé de batterie à 80 % est votre meilleure protection sur ce marché exigez le certificat, il vous protège autant qu’il conditionne l’aide.
Un dernier cas mérite d’être posé : celui où il faut attendre. Si vous n’êtes dans aucune des catégories majorées et que votre véhicule actuel tient encore deux ans, rien n’impose de se précipiter. Les barèmes changent, les modèles éligibles s’élargissent, et l’offre d’occasion électrique s’étoffe rapidement. La bonne décision est parfois de ne pas en prendre cette année.
Questions fréquentes
Le bonus écologique existe-t-il encore en 2026 ?
Non, il a pris fin le 1er juillet 2025. Il est remplacé par des primes financées par les certificats d’économies d’énergie, dont le Coup de pouce pour le neuf et une prime dédiée à l’occasion lancée en septembre 2026. Les barèmes ont été révisés le 31 juillet 2026.
Quel est le montant maximum de l’aide pour un véhicule neuf ?
7 365 € au niveau 2 pour les ménages modestes des déciles 4 et 5, ainsi que pour les gros rouleurs des déciles 6 à 8. Une majoration s’applique lorsque le véhicule et sa batterie sont produits dans l’Espace économique européen. Prix plafond de 47 000 € TTC et masse inférieure à 2 400 kg.
Qu’est-ce que l’aide « gros rouleurs » ?
Un dispositif ouvert du 31 juillet au 31 décembre 2026 qui aligne les ménages des déciles 6 à 8 justifiant d’au moins 12 000 km professionnels par an sur le barème des ménages modestes. L’écart atteint près de 3 000 € par rapport au barème standard de ces déciles.
Peut-on avoir une aide pour une voiture électrique d’occasion ?
Oui depuis septembre 2026 : 1 316,50 € pour les ménages précaires et 4 485,30 € pour les ménages modestes. Conditions : prix inférieur ou égal à 25 000 € TTC, état de santé de la batterie d’au moins 80 %, poids inférieur à 1 800 kg.
Les aides sont-elles cumulables entre elles ?
Le leasing social n’est pas cumulable avec les autres dispositifs nationaux. En revanche, les aides locales se cumulent généralement avec les primes nationales. Le simulateur public jechangemavoiture.gouv.fr permet de vérifier selon votre commune.
Faut-il faire la demande avant ou après l’achat ?
Impérativement avant. Ces primes reposent sur les certificats d’économies d’énergie, qui imposent que le dossier soit ouvert et le devis signé avant la commande du véhicule. Un dossier déposé après la facture est irrecevable et ne peut pas être régularisé.
Verdict
Le système actuel est plus généreux que le bonus écologique pour les ménages modestes et bien moins lisible pour tout le monde. Les montants sont élevés jusqu’à 7 365 € sur le neuf mais ils se méritent au terme d’un parcours à cinq conditions cumulatives, dont deux se vérifient sur des documents que le vendeur ne fournit pas toujours spontanément.
La nouveauté qui compte cette année est double : l’aide gros rouleurs, qui répare une anomalie réelle pour les indépendants ruraux, et l’entrée de l’occasion dans le dispositif, avec cette exigence de 80 % d’état de santé de batterie qui va assainir un marché où l’acheteur naviguait à l’aveugle.
Deux consignes pour finir, et elles valent plus que le reste. Ouvrez le dossier avant de commander, sans exception. Et faites écrire noir sur blanc le numéro d’éligibilité de la finition exacte que vous achetez. On aurait aimé écrire que l’administration s’en charge c’est à vous de le faire, et c’est là que se perdent la plupart des aides.