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En 1990, un match de Coupe du monde a provoqué un pic de consommation électrique jamais égalé depuis

Un penalty manqué, des millions de téléspectateurs sous le choc et une consommation électrique qui explose. Le 4 juillet 1990, une demi-finale de Coupe du monde déclenche au Royaume-Uni un phénomène spectaculaire. Trente-six ans plus tard, ce record résiste toujours. Mais pourquoi ?

Bouilloire électrique allumée dans une cuisine britannique de 1990, avec deux supporters anglais déçus devant un match de football à la télévision.
Le 4 juillet 1990, la défaite de l’Angleterre au Mondial provoque un pic historique de consommation électrique de 2 800 MW au Royaume-Uni, notamment à cause des bouilloires – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Le 4 juillet 1990, un penalty manqué plonge l’Angleterre dans le désespoir et affole le réseau électrique

Turin, Italie. L’Angleterre affronte l’Allemagne de l’Ouest en demi-finale du Mondial. Après 120 minutes de tension, les deux équipes doivent se départager aux tirs au but. Lorsque Chris Waddle expédie sa frappe au-dessus de la barre, le rêve anglais s’effondre. Mais à des centaines de kilomètres du stade, un autre événement se prépare.

Quelques instants après cette élimination, la demande britannique en électricité bondit de 2 800 mégawatts. Du jamais-vu pour un événement télévisé ! Ce chiffre, confirmé par le gestionnaire national NESO, représente l’équivalent de plus d’un million de bouilloires électriques fonctionnant simultanément. Et ce record tient toujours, malgré des décennies de retransmissions sportives.

Derrière cette incroyable hausse de consommation se cache une habitude très britannique : préparer du thé

Pour comprendre cette anomalie, direction les cuisines britanniques. Pendant le match, des millions de supporters restent immobiles devant leur télévision. Impossible de manquer une seconde du suspense. Mais dès le coup de sifflet final, les bouilloires se mettent en marche. Une simple tasse de thé devient alors un phénomène électrique national.

Une bouilloire britannique développe généralement une puissance de 2 500 à 3 000 watts. À l’échelle d’un foyer, rien d’extraordinaire. Multipliez cette puissance par des centaines de milliers d’appareils actionnés presque simultanément, et le résultat change complètement de dimension. Attention toutefois : les bouilloires ne sont pas les seules responsables de cette envolée.

L’ouverture des réfrigérateurs, l’éclairage et même les chasses d’eau contribuent à ce phénomène baptisé « TV pickup ». Les pompes des réseaux d’eau peuvent, elles aussi, solliciter davantage d’électricité. Ce n’est donc pas seulement le thé qui explique ce record, mais la synchronisation des gestes quotidiens de millions de personnes.

Dans les coulisses du réseau britannique, des ingénieurs anticipent chaque pause télévisée

Contrairement à une idée répandue, l’électricité ne circule pas dans un réseau sans surveillance. Production et consommation doivent rester équilibrées à chaque seconde. Lorsqu’un événement télévisé rassemble des millions de personnes, les ingénieurs anticipent donc les interruptions, les mi-temps et les génériques de fin avec une attention particulière.

Pour absorber ces variations soudaines, les opérateurs disposent notamment de centrales hydroélectriques de pompage-turbinage. L’eau stockée en hauteur peut être libérée rapidement pour produire de l’électricité. NESO mobilise également des réserves grâce à son mécanisme d’équilibrage. Objectif : répondre à la demande avant qu’un déséquilibre ne perturbe le réseau.

Pourquoi ce record de 1990 résiste encore, même à l’époque des audiences télévisées mondiales

D’autres émissions ont pourtant provoqué des hausses impressionnantes. En 2001, un épisode d’EastEnders consacré à la mystérieuse tentative de meurtre de Phil Mitchell entraîne un bond de 2 290 MW. En 2021, la mi-temps d’Angleterre-Danemark, pendant l’Euro, provoque une augmentation de 1 400 MW. Mais aucune ne détrône 1990.

La raison est étonnante : nos habitudes télévisuelles ont changé. En 1990, une grande partie du pays suivait les mêmes programmes au même moment. Désormais, le streaming, les plateformes de replay et la multiplication des chaînes dispersent les audiences. Les pauses ne surviennent plus nécessairement toutes à la même seconde.

Avant la Coupe du monde 2026, NESO anticipait jusqu’à 800 MW de demande supplémentaire lors du premier match anglais. Un chiffre conséquent, mais très éloigné du sommet historique. Le paradoxe est fascinant : les technologies modernes multiplient les possibilités de regarder un match, tout en réduisant certains effets de foule sur le réseau électrique.

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