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Comment la consanguinité a mis un terme à l’une des dynasties les plus puissantes d’Europe

Un bien mauvais calcul sur le long terme

De façon troublante, ce que l’on cherche vraiment se trouve parfois juste à côté. Désireux de renforcer leur pouvoir, les Habsbourg espagnols ont poussé cette logique très loin généalogiquement parlant, avec neuf unions consanguines sur onze célébrées entre 1516 et 1700.

Ces décennies de consanguinité ont progressivement handicapé les héritiers du trône espagnol en leur causant difformités physiques et maladies génétiques, jusqu’à ce que Charles II soit physiquement incapable d’engendrer une descendance, ce qui provoqua la chute des Habsbourg espagnols après 184 années de règne.

Celui-ci avait officiellement commencé en 1506, après que Philippe le Beau, souverain issu de la famille des Habsbourg, eut épousé Jeanne Ire de Castille, dite Jeanne la Folle, et pris le trône de Castille. Dix ans plus tard, c’est leur fils, Charles Quint, qui accédait au trône d’Espagne.

Les Habsbourg estimaient que le meilleur moyen de sécuriser le trône était de recourir à des unions consanguines afin d’éviter que la couronne ne change de mains. Déterminés à conserver coûte que coûte le pouvoir en Espagne, ils commencèrent à chercher des conjoints uniquement au sein de leur propre famille.

Malheureusement pour eux, cette forte consanguinité a favorisé l’apparition de nombreuses difformités physiques, parmi lesquelles le célèbre « prognathisme habsbourgeois », une malformation héréditaire et handicapante caractérisée par une mâchoire inférieure surdéveloppée et un menton en galoche.

Charles Quint accéda au trône en 1516

Selon la légende, le jeune Charles Quint, également frappé par cette malformation, aurait été invectivé lors de son arrivée en Espagne par un paysan audacieux qui lui aurait lancé : « Votre Majesté, fermez votre gueule, les mouches de ce pays sont réputées pour être particulièrement insolentes. »

Bien que ces unions consanguines entre Habsbourg espagnols leur aient effectivement assuré une domination sans partage pendant une période remarquablement longue, les malformations congénitales qui les accompagnaient et frappaient les héritiers de la famille ont fini par les rattraper.

Ces unions engendraient également un nombre élevé de fausses couches, et le risque que l’enfant soit mort-né ou décède après seulement quelques semaines était extrêmement élevé. À peine la moitié des enfants de cette dynastie ont survécu jusqu’à l’âge de 10 ans, alors que le taux de survie dans les autres familles nobles d’Espagne avoisinait les 80 % à la même époque.

Pour ne rien arranger, cela entraînait également la transmission de gènes récessifs nuisibles de génération en génération.

Marie-Antoinette en grand habit de cour

Ainsi, Marie-Antoinette, qui appartenait à la lignée des Habsbourg, était elle aussi frappée par cette malformation congénitale. Réputée pour sa beauté, elle possédait « une mâchoire inférieure saillante qui donnait l’impression qu’elle faisait constamment la moue », selon les observateurs de l’époque.

Mais cela n’était rien par rapport aux affres qui frappaient Charles II, le dernier souverain des Habsbourg d’Espagne, qui accéda au trône en 1665. Surnommé « El Hechizado » (ou « l’ensorcelé ») en raison de ses difformités physiques, il possédait une mâchoire inférieure si développée qu’il devait lutter pour se nourrir et se faire comprendre lorsqu’il parlait.

Chétif, frêle et impuissant, le monarque souffrait également de graves problèmes intestinaux. Ses retards de développement impliquèrent qu’il ne parla pas avant l’âge de 4 ans et n’apprit à marcher que quatre ans plus tard.

Son père, Philippe IV, avait épousé la fille de sa propre sœur, une union dangereusement étroite qui faisait de lui à la fois le père et le grand-oncle de Charles. Ajoutez à cela des siècles d’unions consanguines au sein de la famille des Habsbourg, et vous comprenez aisément pourquoi son fils, dans l’incapacité d’engendrer un héritier, mourut en 1700 à l’âge de 39 ans.

Portrait du jeune Charles II

Ironie du sort, la stratégie qui avait permis aux Habsbourg espagnols de consolider leur pouvoir pendant près de deux siècles a finalement précipité la chute de leur dynastie.

Au cas où vous vous poseriez la question, voici ce qui se passerait si deux humains tentaient de repeupler la Terre.

Par Yann Contegat, le

Source: All That Is Interesting

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