La première facture de chauffe tombe dans quelques semaines
Un logement chauffé à l’électricité en France consomme en moyenne 4 312 kWh par saison de chauffe, d’octobre à mars. Au tarif réglementé, cela représente environ 836 € pour un seul hiver. La même maison climatisée tout l’été coûte 59 €. Le rapport entre les deux postes atteint 10 à 75 selon les configurations, et il n’a rien d’anormal : passer de 5 à 19 °C en janvier demande de produire 14 degrés d’écart, quand refroidir de 33 à 26 °C en août n’en demande que 7.
C’est le poste sur lequel un ménage a le plus à gagner, et c’est aussi celui où circulent le plus d’idées fausses. La première d’entre elles concerne le prix du kilowattheure : c’est le chiffre que tout le monde compare, et c’est le mauvais.
Le verdict en une phrase : le coût réel se calcule en euros par kilowattheure utile, rendement de l’équipement inclus, ce qui place la pompe à chaleur autour de 780 € par an là où le chauffage électrique direct dépasse 2 400 € et aucun radiateur électrique, quel que soit son prix, ne consomme moins qu’un autre.

Le prix du kWh : le chiffre que tout le monde regarde
Voici les tarifs relevés pour 2026, en centimes d’euro par kilowattheure. Ce sont ces chiffres qui alimentent les comparatifs habituels.
| Énergie | Prix du kWh | Remarque |
|---|---|---|
| Plaquettes de bois | 4,20 à 6,30 c€ | Réservé aux installations avec silo |
| Bûches | 7,00 c€ | Le combustible le moins cher accessible à tous |
| Granulés en vrac | 7,1 à 7,4 c€ | Livraison par camion souffleur, silo nécessaire |
| Granulés en sacs | 7,5 à 8,0 c€ | Le format le plus courant chez les particuliers |
| Réseau de chaleur | 7,72 c€ | Disponible seulement dans certaines communes |
| Gaz naturel | 12,76 c€ | Hors abonnement |
| Fioul domestique | 18,51 c€ | Installation neuve interdite depuis 2022 |
| Électricité, tarif de base | 20,01 c€ | Tarif réglementé, option base 6 kVA |
| Propane en citerne | Jusqu’à 15,72 c€ | Solution hors réseau |
Lu comme ça, le classement paraît limpide : le bois écrase tout, l’électricité coûte trois fois plus cher que les granulés. Sauf que ce tableau ne dit pas ce que vous payez pour chauffer votre salon. Il dit ce que vous payez pour acheter de l’énergie brute pas la même chose.
Le vrai calcul : le coût du kilowattheure utile
Entre l’énergie achetée et la chaleur qui arrive dans la pièce, il y a un équipement, et cet équipement a un rendement. Une chaudière à condensation restitue environ 90 % de ce qu’elle consomme. Un poêle à granulés, 85 %. Une pompe à chaleur, elle, produit 3 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé : son rendement dépasse 300 %, parce qu’elle ne fabrique pas la chaleur, elle la déplace.
Le tableau change alors complètement. Pour un besoin de 12 000 kWh de chaleur par an, ce qui correspond à une maison correctement isolée de 100 m² :
| Système | Rendement | Coût du kWh utile | Facture annuelle |
|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur air-eau | COP 3 | ~0,065 € | ~780 € |
| Poêle ou chaudière à granulés | 85 % | ~0,082 € | ~990 € |
| Chaudière gaz à condensation | 90 % | ~0,116 € | ~1 390 € |
| Chaudière fioul | 85 % | ~0,129 € | ~1 550 € |
| Chaudière propane | 90 % | ~0,178 € | ~2 130 € |
| Radiateurs électriques | 100 % | ~0,200 € | ~2 401 € |
L’écart entre le haut et le bas du tableau atteint 1 620 € par an. Sur dix ans, c’est plus de 16 000 € soit le prix d’installation d’une pompe à chaleur air-eau, aides déduites ou non.
Deux remarques qui manquent presque toujours dans ce type de comparatif. D’abord, le COP annoncé d’une pompe à chaleur est mesuré en conditions normalisées : par grand froid, il chute, et une PAC mal dimensionnée bascule sur sa résistance électrique d’appoint, ce qui la ramène au coût du chauffage électrique direct. Ensuite, les granulés ont connu une flambée en 2022 qui a doublé leur prix en quelques mois. Un combustible peu cher aujourd’hui n’est pas un combustible peu cher pour dix ans.
Le coût d’installation, l’autre moitié de l’équation
| Équipement | Installation | Facture annuelle | Coût sur 10 ans |
|---|---|---|---|
| Radiateurs électriques (6 pièces) | 600 à 4 000 € | ~2 400 € | ~24 600 à 28 000 € |
| Chaudière gaz à condensation | 3 000 à 7 000 € | ~1 390 € | ~16 900 à 20 900 € |
| Poêle à granulés | 3 000 à 8 000 € | ~990 € en appoint principal | ~12 900 à 17 900 € |
| Pompe à chaleur air-eau | 10 000 à 16 000 € | ~780 € | ~17 800 à 23 800 € |
| Chaudière à granulés | 10 000 à 20 000 € | ~990 € | ~19 900 à 29 900 € |
Le classement se resserre nettement, et c’est là que les aides deviennent décisives : une pompe à chaleur subventionnée à hauteur de 5 000 € passe devant la chaudière gaz sur dix ans. Sans aide et avec une installation à 16 000 €, elle reste derrière.
Le poêle à granulés occupe une place particulière. Sur le papier c’est le meilleur rapport investissement/facture du tableau, mais il chauffe un volume, pas une maison : dans un logement cloisonné ou à étages, il faut un complément, et le calcul se dégrade.
Un mot sur l’empreinte carbone, puisqu’elle finit par entrer dans les décisions et dans le DPE. Pour 15 000 kWh utiles, on compte environ 85 kg de CO₂ avec une pompe à chaleur, 325 kg avec des granulés, 1 766 kg avec le gaz naturel et 2 181 kg avec le fioul. L’écart entre le premier et le dernier est d’un facteur 25.

Le mythe qui coûte le plus cher aux Français
C’est la section la plus utile de ce dossier, et elle tient en une phrase de physique : tous les radiateurs électriques ont un rendement proche de 100 %. Un convecteur à 40 € transforme un kilowattheure d’électricité en un kilowattheure de chaleur. Un radiateur à inertie double cœur à 1 200 € fait exactement la même chose. Il ne peut pas faire mieux, parce que rien ne se perd : toute l’électricité consommée finit en chaleur dans la pièce.
L’UFC-Que Choisir est catégorique sur ce point et qualifie d’argument marketing fallacieux l’idée qu’un radiateur à inertie « continue à chauffer même éteint ». Il restitue simplement, avec un décalage, la chaleur qu’il a déjà consommée.
| Type de radiateur | Prix | Consommation à confort égal | Ce qui change réellement |
|---|---|---|---|
| Convecteur | 30 à 350 € | Identique | Air asséché, sensation d’inconfort, montée rapide |
| Panneau rayonnant | 40 à 800 € | Identique | Meilleur confort, montée rapide, bon compromis |
| Inertie | 70 à 1 100 € | Identique | Chaleur douce et stable, démarrage lent |
| Double cœur | 300 à 1 200 € | Identique | Rapidité et confort réunis, à un prix qui interroge |
Où se gagnent alors les économies sur du chauffage électrique ? Sur trois choses seulement : la précision du thermostat, la programmation horaire, et l’isolation du logement. Remplacer six convecteurs par six radiateurs à inertie haut de gamme coûte entre 1 500 et 6 000 € et ne fera pas baisser la consommation. Investir la même somme dans l’isolation des combles, si.
Les arnaques à écarter avant de dépenser un euro
Le boîtier économiseur d’énergie revient chaque automne par démarchage téléphonique, avec une promesse de 20 % d’économies sur la facture. Les vendeurs disposent souvent d’informations personnelles précises, ce qui rend l’appel crédible. Le dispositif ne réduit pas la consommation d’un logement résidentiel : ce que mesure le compteur, c’est l’énergie active, et aucun boîtier branché sur une prise n’en soustrait un cinquième. La règle est simple : aucune économie sérieuse ne s’obtient sans modifier soit l’équipement, soit l’isolation, soit l’usage.
Le démarchage à la rénovation énergétique suit le même calendrier. Les mentions à exiger avant toute signature : identification complète de l’entreprise, qualification RGE en cours de validité obligatoire pour prétendre à MaPrimeRénov‘, protocole détaillé, coûts en HT et TTC. Aucun paiement avant réalisation, et un délai de rétractation de 14 jours s’applique pour un contrat signé hors établissement.
Ce qui fait baisser la facture sans travaux
Avant de changer de système, il reste une marge de manœuvre que l’ADEME chiffre précisément.
- Baisser d’un degré la température de consigne fait économiser environ 7 % de consommation. Sur une facture de chauffage électrique de 836 €, cela fait près de 60 € pour un seul degré. Passer de 21 à 19 °C dans les pièces de vie, c’est 120 €.
- Un thermostat programmable permet jusqu’à 15 % d’économies jusqu’à 270 € par an sur une facture d’électricité de 1 800 €, et jusqu’à 210 € sur une facture de gaz de 1 400 €. C’est le meilleur retour sur investissement du dossier : un thermostat connecté coûte entre 150 et 250 €, il est amorti en une saison.
- Chauffer les chambres à 17 °C plutôt qu’à 20. On dort mieux, et la pièce est inoccupée douze heures par jour.
- Purger les radiateurs et faire entretenir la chaudière chaque année. Un radiateur avec une poche d’air chauffe mal et coûte autant.
- Fermer volets et rideaux à la tombée de la nuit, les ouvrir en journée côté sud. Une fenêtre simple vitrage perd l’essentiel de la chaleur par rayonnement nocturne.
- Aérer 5 à 10 minutes par jour, chauffage coupé. L’air sec se chauffe plus vite que l’air humide, et une aération courte coûte moins qu’une aération permanente par une fenêtre entrouverte.
- Ne pas couvrir les radiateurs de linge ou de meubles, ce qui bloque la convection et pousse le thermostat à surchauffer.
Cumulés, ces gestes représentent couramment 20 à 25 % de la facture. Ce n’est pas spectaculaire à l’unité, mais c’est immédiat et gratuit.
Matériel utile : un thermostat connecté tado° V3 pour une chaudière, ou des têtes thermostatiques connectées pour piloter pièce par pièce un chauffage central existant la solution la moins chère quand on ne peut pas toucher à la chaudière, en copropriété par exemple.

Le décret thermostat : ce qui a changé fin 2025
Information peu relayée et pourtant structurante. Le décret n° 2023-444 du 7 juin 2023 rendait obligatoire l’installation d’un thermostat programmable sur les systèmes de chauffage des bâtiments résidentiels existants au 1er janvier 2027. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a reporté cette échéance au 1er janvier 2030.
Ce qui reste en vigueur : pour les constructions neuves dont le permis est déposé à partir du 1er janvier 2027, l’obligation s’applique bien à cette date. Et une exemption existe lorsque l’installation n’est pas techniquement ou économiquement réalisable, notamment si le temps de retour sur investissement dépasse dix ans, justificatifs à l’appui.
La conséquence pratique est contre-intuitive : le report n’est pas une raison d’attendre. Un thermostat s’amortit en une saison de chauffe, l’obligation ou non ne change rien à ce calcul. Les propriétaires supportent le coût d’installation, les locataires l’entretien.
Les aides disponibles en 2026
MaPrimeRénov’ reste le principal dispositif pour changer de système de chauffage. Les montants du parcours par geste, pour une installation seule :
| Équipement | Revenus très modestes | Modestes | Intermédiaires | Supérieurs |
|---|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur air-eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € | Non éligible |
| PAC géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € | Non éligible |
| Pompe à chaleur air-air | Exclue du geste isolé, éligible uniquement dans une rénovation d’ampleur | |||
Les conditions à connaître avant de faire un devis : résidence principale, logement d’au moins quinze ans, coefficient de performance d’au moins 3,4, puissance minimale de 3 kW, et surtout installation par un professionnel certifié RGE. Sans RGE, aucune aide.
Les cumuls possibles allègent encore la facture : certificats d’économies d’énergie ouverts à tous les ménages, coup de pouce chauffage pour le remplacement d’une chaudière fioul, gaz ou charbon, éco-prêt à taux zéro jusqu’à 30 000 € sur vingt ans, et TVA à 5,5 % sur les PAC air-eau et géothermiques. Dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, les CEE sont en revanche intégrés à l’aide globale et ne se demandent pas séparément.
Quelle solution selon votre logement
| Votre situation | Ce qui a du sens | Ce qui n’en a pas |
|---|---|---|
| Appartement en copropriété, chauffage collectif | Têtes thermostatiques connectées, gestes gratuits, isolation des menuiseries | Tout changement de générateur, qui relève de la copropriété |
| Appartement, chauffage électrique individuel | Thermostat et programmation, isolation, éventuellement une clim réversible si l’immeuble l’autorise | Remplacer les convecteurs par de l’inertie haut de gamme : aucun gain de consommation |
| Maison, chaudière gaz récente | La garder, l’entretenir, ajouter un thermostat programmable | Remplacer une chaudière à condensation de moins de dix ans |
| Maison, chaudière fioul ou gaz ancienne | Pompe à chaleur air-eau avec MaPrimeRénov’ et coup de pouce chauffage : c’est le cas le mieux subventionné | Rester au fioul, dont l’installation neuve est interdite depuis 2022 |
| Maison mal isolée, classée F ou G | Isoler d’abord — combles, puis murs. Une PAC sur une passoire thermique bascule sur sa résistance d’appoint | Changer le générateur avant l’enveloppe |
| Maison avec accès facile au bois | Poêle à granulés ou à bûches en chauffage principal du volume de vie | Compter dessus pour chauffer un étage cloisonné |
| Logement hors réseau de gaz | Pompe à chaleur ou granulés | Le propane, à plus de 2 100 € par an pour 12 000 kWh |
| Locataire | Gestes gratuits, têtes thermostatiques, boudins de porte, rideaux épais | Tout investissement lourd, qui relève du propriétaire |
Questions fréquentes
Quel est le chauffage le moins cher en 2026 ?
La pompe à chaleur air-eau, avec environ 780 € par an pour 12 000 kWh de chaleur, devant les granulés à environ 990 €. Le calcul tient compte du rendement des équipements : la PAC produit 3 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé, ce qui compense un prix du kilowattheure trois fois supérieur à celui du bois.
Un radiateur à inertie consomme-t-il moins qu’un convecteur ?
Non. Tous les radiateurs électriques ont un rendement proche de 100 % : un kilowattheure consommé donne un kilowattheure de chaleur, quel que soit le modèle. Ce qui change, c’est le confort, la stabilité de la température et la précision du thermostat. L’UFC-Que Choisir qualifie de fallacieux l’argument marketing du radiateur qui « chauffe encore éteint ».
Combien coûte le chauffage électrique par an en France ?
Environ 836 € pour une saison de chauffe d’octobre à mars, sur la base d’une consommation moyenne de 4 312 kWh au tarif réglementé, soit près de 140 € par mois sur la période. Pour une maison de 100 m² avec un besoin de 12 000 kWh de chaleur, la facture dépasse 2 400 € par an.
Le thermostat sera-t-il obligatoire en 2027 ?
Plus pour les logements existants. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a reporté l’échéance du 1er janvier 2027 au 1er janvier 2030. L’obligation reste applicable au 1er janvier 2027 pour les constructions neuves dont le permis est déposé à partir de cette date.
Combien fait-on d’économies en baissant le chauffage d’un degré ?
Environ 7 % de consommation en moins par degré, selon l’ADEME. Sur une facture de chauffage électrique de 836 €, cela représente près de 60 € pour un seul degré. Passer de 21 à 19 °C dans les pièces de vie fait économiser environ 120 € par saison, sans aucun investissement.
Quelles aides pour installer une pompe à chaleur en 2026 ?
MaPrimeRénov’ verse de 3 000 à 5 000 € pour une PAC air-eau et de 6 000 à 11 000 € pour une PAC géothermique, selon les revenus, les ménages aux revenus supérieurs n’étant plus éligibles au geste isolé. S’y ajoutent les certificats d’économies d’énergie, l’éco-prêt à taux zéro jusqu’à 30 000 € et la TVA à 5,5 %. L’installation par un professionnel RGE est obligatoire.
Les boîtiers économiseurs d’énergie fonctionnent-ils ?
Non. Ces dispositifs, vendus par démarchage téléphonique avec une promesse de 20 % d’économies, ne réduisent pas la consommation d’un logement résidentiel. Le compteur mesure l’énergie active, et aucun boîtier branché sur une prise n’en retire un cinquième. Les seuls leviers réels sont l’équipement, l’isolation et l’usage.
Verdict
Trois décisions structurent la facture de chauffage, et elles ne se prennent pas dans le même ordre que ce que suggère le démarchage.
La première est gratuite : un degré en moins, une programmation horaire, des radiateurs dégagés et purgés. Entre 20 et 25 % de la facture, disponibles cette semaine, sans devis et sans travaux. La deuxième coûte entre 150 et 250 € : un thermostat programmable ou connecté, jusqu’à 15 % d’économies selon l’ADEME, amorti en une seule saison de chauffe. Le report de l’obligation à 2030 ne change rien à ce calcul.
La troisième est un investissement lourd, et c’est la seule qui mérite plusieurs devis et de la patience. Une pompe à chaleur air-eau remplaçant une vieille chaudière fioul ou gaz reste le geste le mieux subventionné de 2026, avec jusqu’à 5 000 € de MaPrimeRénov’ auxquels s’ajoutent les CEE. Mais sur une maison classée F ou G, l’ordre s’inverse : l’isolation passe avant, sous peine de voir la PAC basculer sur sa résistance électrique par grand froid et coûter le prix d’un convecteur.
Reste l’économie la plus facile à faire, parce qu’elle consiste à ne rien dépenser : ne pas remplacer six convecteurs par six radiateurs à inertie en espérant une baisse de consommation. La physique l’interdit, et ce sont 1 500 à 6 000 € qui serviraient mieux dans les combles.
Par Antoine - Daily Geek Show, le
Étiquettes: chauffage, chauffage-electrique, Thermostat intelligent
Catégories: Écologie, Technologie, Société