— thebigland / Shutterstock.com

La génétique cache sûrement encore des mystères pour vous. En effet, saviez-vous que certains individus sont touchés par un syndrome étonnant caractérisé par une présence anormale d’un deuxième chromosome Y : il s’agit du syndrome 47,XYY, aussi appelé syndrome de Jacob ou syndrome du tueur.

Le syndrome 47,XYY n’est pas à première vue caractérisé par des traits physiques spécifiques. En effet, la personne qui le porte n’a pas de traits physiques inhabituels ni de problèmes médicaux. L’anomalie n’est alors relevée qu’à l’aide d’analyses génétiques, souvent réalisées dans le cadre d’autres domaines.

Néanmoins, les enfants atteints par ce syndrome ont en moyenne davantage de problèmes d’apprentissage, soit 50 % plus élevés, et un certain retard au niveau du développement du langage. Dans une étude réalisée en 2004 aux États-Unis par le Centre de contrôle et de prévention des maladies, les chercheurs ont constaté que 10 % des enfants touchés avaient des problèmes d’apprentissage. Certains retards de développement ou des problèmes comportementaux ont également été constatés, mais ils varient en fonction des individus. Ils auraient également tendance à être davantage agressifs. De plus, le syndrome 47,XYY n’est pas une maladie héréditaire et peut apparaître chez n’importe quel individu au cours de la formation de ses cellules.

Le débat sur les prédispositions génétiques d’une personne à devenir criminel a régulièrement été relancé, notamment en octobre 2014 à l’occasion de la publication d’une étude dans la revue spécialisée Molecular Psychiatry. Celle-ci mettait en avant deux gènes spécifiques retrouvés “avec une fréquence nettement plus élevée chez des délinquants violents”. Néanmoins, certains scientifiques mettent en garde concernant ces prédispositions génétiques à la violence. “Parler de gènes de la violence serait une énorme exagération”, explique notamment Jan Schnupp, professeur du département de neurosciences de l’université d’Oxford. En effet, les deux versions de ces gènes mutés “sont plutôt courantes dans la population”. Un individu sur cinq les porte et beaucoup d’entre eux ne commettront pas pour autant un crime. L’étude réalisée présente également des cas de personnes non touchées qui ont quand même commis des actes violents. Le débat sur la prédisposition génétique d’un individu à devenir criminel demeure donc ouvert et controversé.

Ce chromosome du criminel a également inspiré la fiction à plusieurs reprises. En effet, au cours des années 1960 et 1970, de fausses rumeurs laissaient sous-entendre que les hommes possédant le caryotype XYY avaient tendance à avoir un comportement criminel. Des idées alors reprises dans plusieurs romans ou séries, tels que Doomwatch (1970-1972) de Robin Chapman et diffusée sur la BBC qui raconte dans un des épisodes les conséquences dramatiques de ces rumeurs. Autre exemple : dans le film Alien, le personnage principal se retrouve dans une planète sous forme de prison qui est entièrement habitée par des criminels portant le caryotype XYY, avec l’idée qu’ils sont plus susceptibles de commettre des crimes et des viols. Enfin, dans la série de jeux Hitman, le tueur à gages « Ultime code 47 » est ainsi appelé car son créateur est parvenu à comprendre les mystères cachés derrière le chromosome 47.

1
COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
athena Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
athena
Invité
athena

Et quand on pense au nombre de connards qui pleuplent la planète, cela n’augure rien de bon !