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Un gros morceau de fusée SpaceX s’écrase sur la Lune à près de 8 700 kilomètres par heure

Une collision accidentelle

Lune Terre
— Alones / Shutterstock.com

L’étage supérieur de la fusée Falcon 9 de SpaceX s’est écrasé dans l’hémisphère nord de la Lune, soulevant de nouvelles questions quant à la gestion de ce type de « déchets » spatiaux.

Un nouveau cratère lunaire

Long de près de 14 mètres et pesant 4 tonnes, cet étage supérieur s’est écrasé près du cratère Einstein le 6 août, aux alentours de 6h35. Lancée en janvier, la Falcon 9 transportait le module spatial Hakuto-R de la société ispace, dont les débris parsèment également la surface de notre satellite naturel, suite à une tentative d’atterrissage ratée.

Si de nombreux observatoires terrestres et orbiteurs étaient braqués sur la zone d’impact prévue, la première confirmation de la collision a été fournie par le Very Large Telescope, installé au Chili.

Comme l’explique la publication de l’Observatoire européen austral, « des signatures chimiques de sodium et de lithium ont été détectées dans le panache d’impact, qui a persisté cinq à dix minutes après la collision ». Le sodium provient probablement du sol lunaire, tandis que le lithium pourrait provenir de la fusée elle-même.

Sur la base de la taille de l’engin, de son poids et de sa trajectoire estimée, il aurait percuté la Lune à la vitesse de 8 690 kilomètres par heure, créant un nouveau cratère large de 18 mètres et profond de 4.

© NASA Johnson / Flickr

Poubelle cosmique

Cette nouvelle collision accidentelle a fait réagir plusieurs scientifiques, rappelant que si la NASA et l’Agence spatiale européenne sont tenues de prévoir la fin de vie d’un engin spatial avant son lancement, en s’assurant notamment qu’il dispose de suffisamment de carburant pour pouvoir être désorbité en toute sécurité, ce n’est pas nécessairement le cas des entreprises spatiales privées.

Dans le cas de la Falcon 9, sa charge utile importante aurait nécessité une poussée supérieure à la normale, voyant la fusée, une fois sa mission remplie, dériver dans le cosmos, et se retrouver sur la trajectoire de la Lune.

Comme le rappelle Roberto Bugiolacchi, de l’université des sciences et technologies de Macao, la compagne de la Terre compte quelque 100 millions de cratères d’impact naturels et abrite également les vestiges de décennies de missions américaines, soviétiques ou chinoises. Selon lui, de futurs impacts, cette fois contrôlés, d’engins spatiaux pourraient contribuer à éclairer sa géologie.

Les préoccupations liées aux débris d’engins spatiaux ne se limitent toutefois pas à la Lune. À l’heure où de véritables constellations de satellites sont déployées, l’orbite terrestre basse est plus encombrée que jamais, faisant craindre un « effet domino ».

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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