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Découverte à Hattusa d’un nouveau fragment du plus ancien traité de paix, vieux de 3 200 ans

Un éternel recommencement

— © Osama Shukir Muhammed Amin / Wikimedia Commons

Les dernières fouilles de l’ancienne capitale hittite d’Hattusa, dans le centre de l’actuelle Turquie, ont conduit à la découverte d’un nouveau fragment du traité de paix de Qadesh.

Le traité de Qadesh

Annoncée à l’occasion de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre dernier, cette trouvaille archéologique a été décrite par le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Mehmet Nuri Ersoy, comme un témoignage fascinant du passé, véhiculant un message qui continue à résonner des millénaires plus tard.

Il s’agit d’un nouveau fragment du traité de paix de Qadesh. Conclu vers 1259 avant notre ère par le pharaon égyptien Ramsès II et Hattusili III, roi du Nouvel Empire hittite, il a mis un terme à plus de deux siècles de conflit pour le contrôle de la Méditerranée orientale entre ces deux puissances antiques.

Les archéologues avaient d’abord découvert deux versions hiéroglyphiques égyptiennes du document, gravées sur les murs de deux temples de Thèbes et traduites au début du XIXe siècle par le français Champollion. Il a fallu attendre 1906 pour que les premiers fragments de la version hittite soient découverts. Ceux-ci avaient été rédigés en caractères cunéiformes, l’un des plus anciens systèmes d’écriture connus, sur un bloc d’argile.

Parmi les engagements en faveur d’une paix et d’une amitié durables figurent un accord de non-agression, le maintien de l’intégrité territoriale des deux royaumes et la mise en place de garanties destinées à assurer le respect de cet accord. Le texte prévoyait également des dispositions concernant l’extradition et le traitement équitable des réfugiés.

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— Selim Seval / Shutterstock.com

De nouveaux passages de la version hittite

Une série d’excavations à Büyükkale, grande citadelle et palais royal se dressant autrefois au cœur d’Hattusa, a révélé un fragment d’argile comportant les articles 12 à 20 du traité, évoquant spécifiquement le sort réservé aux individus ayant fui les terres de l’une des deux puissances durant le conflit et cherché refuge dans la seconde.

Pour Ersoy, l’appel à ne pas détruire leurs habitations témoigne de la volonté des empires égyptien et hittite d’encadrer le sort des populations déplacées et de préserver leurs biens.

Ces déclarations font écho au rôle de médiateur que souhaite jouer la Turquie sur la scène internationale. Ces dernières années, le pays s’est impliqué dans les négociations entre la Russie et l’Ukraine, Israël et la Palestine, et s’est également positionné lors du conflit syrien comme une « troisième voix », au carrefour de l’Europe et de l’Asie.

Précédemment, la découverte d’une tablette hittite avait enrichi notre compréhension du récit de la guerre de Troie.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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