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Redoutable : le serpent à tentacules transforme la stratégie de survie de ses proies en piège fatal

Un bon exemple de course à l’armement co-évolutive

— © JohnCMurphy1 / Flickr

Au sein du règne animal, les super-pouvoirs ne manquent pas, des grenouilles capables de geler sans mourir aux axolotls à la stupéfiante capacité de régénération. On s’intéresse aujourd’hui au serpent à tentacules, qui anticipe les mouvements de ses proies.

Erpeton tentaculatum

Observé dans les zones humides d’Asie du Sud-Est, Erpeton tentaculatum se distingue par les protubérances, semblables à des tentacules, qui garnissent son nez. Mesurant jusqu’à 1 mètre de long à l’âge adulte, ce chasseur piscivore nocturne use d’une stratégie aussi unique que redoutable pour se nourrir.

En 2010, une étude comportementale et anatomique publiée dans le Journal of Experimental Biology a révélé que ces deux appendices regorgeaient de minuscules terminaisons nerveuses, capables de détecter les infimes vibrations et mouvements de l’eau.

Si ces informations sont ensuite transmises à son cerveau, et en temps normal combinées à celles fournies par son système visuel, les chercheurs ont constaté que dans des conditions de luminosité très faible, les premières étaient assez précises pour que le serpent à tentacules s’en remette à elles seules.

Il s’avère que ces reptiles solitaires ont développé une réaction adaptative en réponse au réflexe de fuite en C des poissons qu’il chasse, poussant ces derniers à filer dans la direction opposée lorsqu’ils détectent un danger.

Embuscade mortelle

Concrètement, E. tentaculatum se place en position d’embuscade en J, utilisant ses yeux et tentacules pour identifier son futur repas. Une fois localisé, le serpent utilise son corps pour créer une légère perturbation dans le milieu aquatique, qui va faire fuir le poisson dans la direction opposée. C’est à ce moment-là qu’il frappe.

Cette capacité à suivre avec précision sa proie et à prédire où celle-ci va se retrouver constitue un bon exemple de course à l’armement co-évolutive proie-prédateur, avec un mécanisme de fuite essentiellement contré par le reptile, qui le transforme en faille exploitable.

De façon encore plus intrigante, des travaux publiés dans la revue PLOS One ont confirmé le caractère inné de cette stratégie de prédation redoutable, avec des serpents à tentacules nouveaux nés l’appliquant dès leur sortie de l’œuf.

Pour aller plus loin, découvrez la stratégie de défense « mortelle » de ces couleuvres, aux performances dignes des Oscars.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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