Depuis la fin du confinement, on pourrait croire que le retour au travail s’est fait dans la joie la plus totale. Mais il s’avère que la crise sanitaire, la paranoïa ainsi que la remise en question de nombreux Français ont eu raison de 45 % des salariés.

Une nouvelle étude s’intéresse à la santé des Français

C’est un constat inquiétant que dévoilent les dernières conclusions de l’étude Ifop. Réalisée par Malakoff Humanis du 19 juin au 15 juillet sur 3 504 salariés d’entreprises du secteur privé, l’enquête pointe du doigt l’impact de la crise sur la santé des employés. L’étude affirme que 45 % des salariés du privé sont « plus fatigués physiquement et psychologiquement » qu’avant le début de la crise sanitaire.

Autrement dit, le retour au travail est laborieux. Anne-Sophie Godon, directrice innovation chez Malakoff Humanis, indique à l’AFP que « si 82 % de salariés se trouvent en bonne santé, 12 % ont le sentiment que leur état de santé s’est dégradé ». Parmi ces 82 %, 21 % sont atteints de maladie chronique. « On peut faire l’hypothèse que c’est en lien avec le renoncement aux soins ou la difficulté d’y avoir accès pendant la période », indique-t-elle.

― Boyloso / Shutterstock.com

Difficile de songer au futur

Ce n’est pas tout. L’enquête dévoile que « les salariés fragiles ont le sentiment d’être encore plus fragiles et, pour tous les autres, la fatigue physique et psychologique tout comme l’inquiétude se font ressentir », poursuit-elle. Au total, ce sont :

  • 28 % des salariés qui estiment que leur qualité de vie s’est dégradée au travail ;
  • 40 % qui considèrent que le rythme de travail s’est accéléré alors que 22 % y voient un ralentissement de l’activité ;
  • 18 % ont le sentiment de faire un travail qui a « moins de sens pour eux » ;
  • 23 % ont « davantage le sentiment de faire un travail utile pour la société ».

Ces résultats révèlent une « dégradation » des risques psychosociaux : 23 % des salariés ont un travail qui empiète sur leur vie personnelle, 20 % ont peur de perdre leur emploi et 14 % ressentent plus de tensions sur leur lieu de travail.

Enfin, la situation financière ne s’améliore pas pour 16 % des employés. Un point souligné par les auteurs de l’étude : « La crise a accentué les fragilités et les inégalités existantes. »

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