Le début d’une extinction de masse ? Ce mammifère est introuvable

Le dérèglement climatique causé par l’Homme a conduit à la disparition d’une espèce autochtone des alentours de la Grande Barrière de corail en Australie. Il s’agit d’un rongeur australien et probablement la première espèce de mammifère disparue à cause du réchauffement climatique. Il est communément appelé Bramble Cay Melomys (Melomys rubicola).

Il vivait sur l’île de Bramble Cay, un banc de sable de 340 mètres de long, 150 mètres de large et d’une altitude de 3 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle est entourée d’une barrière de corail et est située au nord de la côte de Queensland, dans le détroit de Torrès qui sépare l’Australie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Cette espèce de mammifère était la plus isolée et la plus restreinte connue et est considérée comme la seule espèce de mammifère autochtone de la Grande Barrière de corail. C’est en 1845 qu’elle fut observée pour la première fois par des Européens, la population en était alors très dense. En 1978, leur nombre était estimé à plusieurs centaines.

Les Melomys ont été observés pour la dernière fois en 2009 et après une recherche intensive de l’animal en 2014, un rapport d’une enquête a stipulé que le statut de cette espèce devait être modifié, n’étant plus « en danger d’extinction » mais bien malheureusement « éteinte ». Pour cette enquête, conduite par Ian Gynther du département de l’Environnement, de l’Héritage et de la Protection de Queensland et en partenariat avec l’université de Queensland, les investigateurs ont posé 150 pièges sur l’île pendant 6 nuits, et ont complètement quadrillé l’île et sa végétation. Dans leur rapport, co-écrit par Nathalie Waller et Luke Leung de l’université de Queensland, les chercheurs ont conclu que la première cause de l’extinction est la montée des océans. Cette dernière aurait provoqué des inondations à de multiples occasions tuant ainsi les animaux et détruisant leur habitat naturel.

Melomys Rufescens
Melomys rufescens

Ils ont estimé que la surface non immergée de l’île avait diminué de 4 hectares à 2,5 hectares entre 1998 et 2014. Ce qui est pire pour les Melomys, c’est qu’ils ont perdu 97 % de leur habitat avec une diminution de la végétation de 2,2 hectares à 0,065 hectares entre 2004 et 2014. D’après les chercheurs de l’étude, c’est probablement « la première extinction enregistrée de mammifère » due « au changement climatique » déclenché par l’Homme.

Malgré son étroitesse, l’île est importante pour beaucoup de personnes et d’animaux. C’est le plus grand terrain de reproduction pour les tortues vertes et pour un certain nombre d’oiseaux de mer du détroit de Torrès.

L’île de Bramble Cay est le plus grand terrain de reproduction pour les tortues vertes
L’île de Bramble Cay est le plus grand terrain de reproduction pour les tortues vertes

Les chercheurs émettent cependant l’espoir qu’une population non découverte pour l’instant soit présente en Papouasie-Nouvelle-Guinée. En effet, il est possible que les Melomys aient pu arriver sur Bramble Cay par l’intermédiaire de débris flottants venant de la région de Fly River en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Si ceci est vérifié, une population de Melomys ou de proches cousins pourrait être découverte dans cette région.

John White, un écologiste de l’université Deakin en Australie, n’ayant pas pris part à cette étude, est persuadé que cette extinction n’est que la partie visible de l’iceberg : « Je suis absolument convaincu que nous allons perdre des espèces à cause du nombre croissant de conséquences du changement climatique. »

Des îles dans le Détroit de Torres
Des îles dans le détroit de Torrès

D’après lui, il est probable que les espèces présentes en petites populations sur des îles de basse altitude soient les plus exposées. « Il est certain que l’extinction et les changements climatiques vont de pair avec l’histoire du monde », dit John White, mais « si cette extinction est l’une des premières, elle n’est certainement pas l’une des dernières ». Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez découvrir ces 12 animaux qui vont disparaître si rien n’est fait pour empêcher le réchauffement climatique.


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