Si l’idée d’un revenu universel avait été avancée en France lors de la dernière élection présidentielle, sachez que depuis 2 ans, le gouvernement finlandais versait chaque mois à plus de 2 000 personnes un paiement garanti sans engagement ! C’est d’ailleurs le premier test de revenu de base universel au monde, et les résultats préliminaires viennent d’être publiés. Voici ce que l’on peut en retenir.

 

Une initiative historique

Quand le concept d’un revenu universel offert par le gouvernement finlandais avait été pour la première fois déclaré, beaucoup de personnes étaient sceptiques. Aujourd’hui, les résultats ont été publiés pour la première fois et les résultats semblent dissiper un bon nombre de doutes quant aux impacts négatifs supposés de cette politique. Ainsi, le revenu de base universel se décline dans différentes catégories, mais à la fin, l’idée est de donner à chacun un revenu garanti qui couvre ses besoins, que ce soit en matière de logement, de nourriture ou de déplacements.

L’ensemble a pour objectif d’être adapté à chacun, en fonction des besoins toujours, mais le revenu est toujours du même ordre pour tout le monde. De plus, il est intouchable : il ne peut pas être réduit si une personne obtient un emploi, ou une augmentation de salaire. Alors avant la publication des résultats, beaucoup étaient sceptiques quant au résultat après ses 2 ans de fonctionnement.

L’expérience, si elle était très prometteuse, souhaitait à la base donner des preuves solides sur ce revenu universel afin de l’étendre, que ce soit au sein de la Finlande dans plusieurs autres catégories ou bien tout simplement à d’autres pays. Le gouvernement, au début de sa déclaration, a expliqué qu’il s’agissait d’une expérience exceptionnelle, tant sur la durée que sur le plan social.

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L’expérience en chiffres

Depuis décembre 2016 donc, l’institution finlandaise d’assurance sociale a sélectionné au hasard 2 000 personnes de 25 à 58 ans qui étaient alors touchées par l’allocation de chômage. Cet échantillon de 2 000 personnes devait servir à proposer une première expérience de revenu universel. Après avoir été sélectionné, leur allocation chômage n’a bien évidemment pas été gardé, et elle a été remplacée par un versement garanti de 560 € chaque mois pour chacun. Enfin même, si ces personnes reçoivent des aides supplémentaires, ou trouvent un emploi, ils auront toujours ce seuil de 560 € de revenu universel par mois garanti. L’expérience s’est terminée le 31 décembre 2018.

À travers les résultats préliminaires qui sont maintenant disponibles, nous avons donc pu obtenir des réponses. L’étude a comparé deux groupes : Le groupe 1 est composé de ces 2 000 personnes choisies qui reçoivent le revenu universel. Le groupe 2 est composé de personnes touchant l’allocation chômage de manière courante. Après observation des résultats du rapport, on note plusieurs différences majeures.

Nous pouvons voir que le groupe 1 a fini par recevoir, finalement, moins d’aides sociales et d’allocations maladie que le groupe 2 d’après le rapport officiel. Il ne faut pas forcément y voir ici un mauvais signe, car les individus peuvent avoir des raisons expliquant cette différence de revenus. Comme nous l’avons dit, le revenu universel est pour l’heure assez bas. Face aux chiffres, les bénéficiaires du revenu universel se montrent même plus sereins à propos des questions d’argent et ont moins de stress. C’est un avantage logique et attendu d’un revenu universel, garanti et fixe.

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Tout cela se traduit ensuite par moins de stress, une vie plus saine, tout en n’affectant pas la productivité. C’est un des premiers résultats majeurs en ce qui concerne les craintes initiales sur ce revenu universel, où l’on reprochait régulièrement qu’offrir un salaire ne fera que gâter les gens et ainsi affectés en mal leur productivité. Ici il a été prouvé qu’elle n’est pas du tout altérée. « Les membres du groupe test ont eu beaucoup moins de problèmes de stress, de santé et de capacité de concentration que ceux du groupe 2« .

De plus, l’étude suggère que les 2 000 personnes bénéficiant du revenu universel sont également beaucoup plus confiantes en ce qui concerne leur propre avenir, leur capacité à influencer les questions de société, et tout un tas de questions liées à l’enthousiasme, comparé aux personnes bénéficiant de l’allocation chômage.

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Un concept pas si récent

Alors pourquoi n’a-t-on pas d’autres expériences de revenu universel avant 2016 ? D’abord, il faut savoir que ce concept date d’au moins 200 ans. Mais ces dernières années, le revenu universel est devenu une idée politique à la mode avec des personnalités politiques (Benoit Hamon en France) ou même des pays, qui se sont lancés dans des études pilotes, afin de voir si oui ou non cette idée était réalisable.

À l’échelle d’une ville peut-être est-ce possible, mais à l’échelle d’un pays, c’est tout de suite plus compliqué. Ici, la Finlande, pays beaucoup plus petit que les grandes métropoles européennes, a pu mettre en place sur un échantillon de 2 000 personnes cette expérience.

Si du chemin reste à parcourir pour compléter et améliorer cette idée, on ne peut être qu’enthousiastes à un nouveau mode de rémunération favorisant très largement notre bien-être, nos projets et notre sécurité de tous les jours. La prochaine étape de ce projet finlandais et d’implanter ce concept à une région entière…

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Denise Greslard Nédélec
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Denise Greslard Nédélec

Et dire que la majorité macronienne du parlement français a refusé ce 26 janvier de permettre le débat sur la proposition de 18 départements, emmenés par le la Gironde, de tester un revenu de base, sur la base d’une étude très poussée scientifiquement….