© Anich et al., Mammalia, 2020

L’ornithorynque est un animal fascinant de bien des manières. Beaucoup de mystères planent encore sur la compréhension de l’animal, et une autre étrangeté vient encore de s’ajouter à la liste. Les scientifiques ont en fait découvert que les ornithorynques ont une fourrure biofluorescente.

L’ornithorynque est le troisième mammifère biofluorescent au monde

L’ornithorynque est animal vraiment unique en son genre. En premier lieu, c’est un animal poilu, mais il a un bec et des pieds palmés comme un canard, mais aussi une queue comme celle du castor. Ajoutons à cela le fait que c’est l’un des seuls mammifères à pondre des œufs. C’est également un animal venimeux et il a la capacité de détecter ses proies par électrolocalisation. Comme si ces bizarreries de la nature n’étaient pas encore suffisantes, les scientifiques ont découvert que la fourrure de cet animal est biofluorescente. Cela signifie qu’elle émet une couleur lumineuse lorsqu’elle est exposée à la lumière ultraviolette.

Le rapport de cette nouvelle découverte a été publié dans la revue Mammalia. Il est à savoir que, jusqu’à présent, la bioluminescence est un phénomène qui est généralement observé chez des organismes comme les algues, les poissons et les amphibiens. Quelques cas de bioluminescence chez les mammifères existent cependant, et il s’agit des écureuils volants et des opossums marsupiaux, tous deux originaires d’Australie et de Tasmanie. Désormais, l’ornithorynque s’ajoute à la liste de ces mammifères dont la fourrure brille sous la lumière UV.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié le cas de trois spécimens de musée. À la lumière visible, la fourrure des trois ornithorynques avait uniformément une couleur brune. Mais sous la lumière UV, elle avait une couleur verte ou cyan. Pour expliquer ce changement de couleur, les scientifiques ont indiqué que la fourrure de l’ornithorynque a la capacité d’absorber les UV et de les réémettre en lumière visible. Quant à savoir comment ils ont soupçonné ce phénomène, les auteurs de l’étude ont expliqué qu’ils se sont inspirés de la découverte du cas des écureuils volants bioluminescents. Ils ont voulu explorer celui des ornithorynques, car tout comme les écureuils volants, c’est également un animal qui est actif durant la nuit.

© Anich et al., Mammalia, 2020

Une bioluminescence mystérieuse dont les origines sont tout aussi mystérieuses

Les scientifiques ont également voulu savoir pour quelle raison les ornithorynques ont une fourrure biofluorescente. En ce qui concerne les autres espèces, la bioluminescence est utilisée dans les rituels de l’accouplement, dans la communication et pour le camouflage. Pour le cas des ornithorynques, les mâles comme les femelles sont biofluorescents, ce qui élimine l’hypothèse de l’accouplement. Même si ce n’est pas entièrement éliminé, la communication est également à écarter dans la mesure où l’animal nage les yeux fermés. L’hypothèse la plus probable est donc le fait que l’animal utilise la biofluorescence comme tactique de camouflage face aux prédateurs sensibles aux UV, a rapporté Science Times. Pour l’instant, de nombreuses incertitudes planent sur la biofluorescence des ornithorynques, mais les scientifiques prévoient d’approfondir leurs recherches sur le sujet.

« La recherche sur le terrain sera essentielle pour documenter la biofluorescence de l’ornithorynque et sa fonction écologique chez les animaux sauvages », ont écrit les auteurs de l’étude. Par ailleurs, les chercheurs comptent également étudier le cas des deux autres mammifères bioluminescents, notamment pour savoir quel rôle cette capacité a joué dans le processus de l’évolution. « Nous voulions savoir à quelle profondeur se situe le trait de la fourrure biofluorescente dans la lignée des mammifères. On pense que les monotrèmes sont issus de la lignée marsupial-placentaire il y a plus de 150 millions d’années. Alors, il est fascinant de savoir que des animaux qui étaient des parents si éloignés ont également une fourrure biofluorescente », a déclaré la professeure Paula Spaeth Anich, auteure principale de l’étude, dans un communiqué.

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