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En 2017, un nuage radioactif a survolé plusieurs pays européens, dont la France. Si, rapidement, les chercheurs ont pu identifier que ce nuage comportait du ruthénium 106, capable d’émettre des radiations 100 fois supérieures à celles mesurées après l’incident de Fukushima, les causes n’étaient pas encore clairement établies. Une nouvelle étude nous en apprend plus.

Une nouvelle étude salvatrice

À l’époque, même si nous étions conscients de ce taux de radiation 100 fois supérieur à celui de Fukushima, les autorités estimaient que ceux-ci ne représentaient aucun danger pour la santé des Européens. De plus, devant la capacité de reconnaître avec certitude la cause de ce nuage radioactif, aucun État n’avait été poursuivi, ni même inquiété. À l’exception près de la France qui, à travers son Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, plus connu sous l’anagramme IRSN, avait mis en cause le centre de traitement de déchets radioactifs de Maïk en Russie. À l’époque, les autorités russes avaient démenti.

Aujourd’hui, une nouvelle étude, coordonnée par l’IRSN et plus de 70 experts issus de plusieurs pays européens, dont l’Autriche et l’Allemagne, nous en apprend bien plus. À travers plus de 1300 mesures de radioactivité, provenant de 29 pays différents, ils ont essayé de cartographier avec le plus de précision possible le nuage radioactif et sa destination.

Premièrement, ils sont très vite parvenus à la conclusion que ce nuage ne provenait pas d’une centrale nucléaire. En effet, le seul élément radioactif retrouvé était du ruthénium 106. En revanche, tout comme le soupçonnait originellement l’institut français, l’usine de Maïk, en Russie, en serait la cause ! C’est le seul endroit d’où pourrait provenir ce nuage, d’après la cartographie précise que les scientifiques ont pu dresser. L’usine se situe au sud de l’Oural, un endroit qui ne laisse pas de doute.

D’où provenait le problème ?

Le nuage proviendrait donc bien de cette usine de retraitement de déchets nucléaires. Concrètement, ce seraient les combustibles nucléaires usagés qui se seraient échappés dans l’air, selon les chercheurs. En fait, cela se serait déroulé avant la fin de la chaîne de retraitement. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que cette usine entraîne un accident nucléaire. En 1957, un réservoir de déchets liquides avait explosé, contaminant l’entièreté de la zone. C’est, toujours à ce jour, le deuxième plus grand rejet radioactif de l’histoire.

Avec leurs analyses plus précises, les chercheurs ont pu dater cet incident entre le 25 et le 26 septembre de l’année 2017. Heureusement pour les populations européennes, ce rejet a été très vite maîtrisé, ou du moins s’est terminé extrêmement rapidement. C’est pour cette raison que les radiations présentes dans le nuage ne sont que peu dangereuses pour l’homme, même si les taux peuvent être plus élevés qu’à Fukushima. Une différence majeure qui explique la différence de gravité entre les deux cas.

Difficile d’évaluer si la Russie évoquera avec plus de précision cet incident sur une installation nucléaire. Quoi qu’il en soit, les chercheurs ont estimé qu’il était probable que cela soit lié à une production ratée de cérium, ou 144-Ce. 

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Nana
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Nana

IL y a un an l’Ukraine a été identifiée comme étant la source de cette radioactivité. Il s’agissait d’une explosion dans une fabrique d’armements.
La dose de Ruthenium 106 dans l’atmosphère était potentiellement dangereuse. Mais bien sûr tout va bien.
Mieux vaut accuser la Russie et protéger l’Ukraine.