
S’il ne fait aucun doute que le mégalodon était le plus grand requin connu, sa taille reste discutée. Les récentes redécouvertes et réanalyses d’une vertèbre fossilisée record renforcent l’idée que certains spécimens pouvaient dépasser les 25 mètres de long.
Géant disparu
Otodus megalodon sillonnait les mers primitives du globe il y a entre 15 et 3 millions d’années. Associée à des analyses chimiques, la taille de ses dents, environ trois fois plus longues que celles du grand requin blanc, suggère qu’il trônait au sommet de la chaîne alimentaire. Mais, en raison de la rareté de ses témoignages squelettiques, ses mensurations restent floues.
Alors que certains scientifiques supposent qu’il pouvait atteindre 24 mètres de long et peser une centaine de tonnes, des recherches récentes ont suggéré une silhouette plutôt longiligne. Publiée dans la revue Palaeontologica Electronica, le réexamen d’une vertèbre vieille de 10,8 millions d’années, mise au jour dans les années 1970, confirme cette estimation.
Égaré peu après son étude initiale, le spécimen se cachait dans les archives du Musée d’histoire naturelle du Danemark. « Jusqu’à récemment, nous ne disposions que de preuves photographiques », détaille Kenshu Shimada, de l’université DePaul. « L’analyse de ce fossile confirme empiriquement son diamètre maximal de 23 centimètres, en faisant techniquement le plus grand exemple jamais documenté chez les requins et les poissons. »

24,3 mètres de long
En utilisant une technique d’imagerie avancée connue sous le nom de microtomographie, l’équipe a été en mesure de générer plus de 100 Go d’images, révélant en détail la structure interne du fossile. Le degré de calcification du cartilage indique que le mégalodon auquel elle appartenait était âgé d’au moins 64 ans au moment de sa mort.
« Bien que les schémas de croissance suggèrent qu’ils auraient pu atteindre des tailles légèrement supérieures, une longueur de 24,3 mètres est aujourd’hui l’estimation la plus scientifiquement solide pour O. megalodon » explique Shimada.
Les témoignages vertébraux se révèlent également essentiels pour préciser la biologie, l’impact écologique et l’ère de répartition de cet ancien prédateur géant. L’exemple récemment réanalysé provenait de la formation de Gram, dans le sud de la péninsule continentale danoise. « À l’époque où ce mégalodon y évoluait, la région était recouverte d’une mer peu profonde », détaille l’équipe. « Il s’agissait d’une latitude record pour cette espèce, indiquant qu’elle n’était pas exclusivement cantonnée aux eaux chaudes. »
Précédemment, une étude avait potentiellement lié la disparition du mégalodon à l’essor des grands requins blancs.
Par Yann Contegat, le
Source: Connect Sci
Étiquettes: fossile, mégalodon, requin
Catégories: Actualités, Histoire