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« Hector le Convecteur », l’un des phénomènes atmosphériques les plus intrigants au monde

Massif, vaporeux et d’une ponctualité troublante

Hector photographié depuis la côte nord australienne — © Djambalawa / Wikimedia Commons

Pendant la majeure partie de l’année, c’est le même cérémonial quasi quotidien qui est observé au nord de l’Australie. L’apparition d’un nuage massif affectueusement nommé « Hector le Convecteur ».

Réglé comme une horloge (ou presque)

Ce cher Hector est une formation nuageuse de type cumulonimbus, reconnaissable à sa forme d’enclume et associée à de forts orages, averses et des vents violents. Pouvant s’élever jusqu’à 20 000 mètres dans le ciel des îles Tiwi, il est suffisamment imposant pour être observé depuis la côte nord australienne, en direction de laquelle il dérive parfois.

Il doit son nom aux pilotes effectuant des vols entre la ville australienne de Darwin et la Papouasie-Nouvelle-Guinée durant la Seconde Guerre mondiale. En raison de son extrême ponctualité et de sa récurrence, ce géant de vapeur d’eau constituait un point de repère, les aidant à maintenir leur cap.

Ses apparitions interviennent entre septembre et décembre, puis durant une bonne partie de la saison des pluies. Dans le cadre de travaux publiés dans l’International Journal of Climatology, des scientifiques avaient analysé des images satellites datant du début des années 1990 et constaté que Hector se manifestait 70 % des jours hors mousson, aux alentours de 15 heures.

Les îles Tiwi — © USGS

Chaleur et brise marine

La ponctualité troublante d’Hector est étroitement liée au profil sensiblement conique des îles Tiwi, composées de Bathurst à l’ouest et Melville à l’est. Exposés au rayonnement solaire, ses reliefs s’échauffent sensiblement, ce qui favorise la formation d’une colonne d’air ascendante lorsque la brise marine chargée d’humidité les traverse. À mesure qu’elle s’élève, la vapeur qu’elle contient se condense, donnant naissance à ce nuage géant à la structure évocatrice.

Le ciel matinal largement dégagé permet une montée en température remarquablement homogène et progressive, avec des conditions idéales pour la formation de cumulonimbus atteintes en milieu d’après-midi et s’estompant en soirée.

Certaines combinaisons d’énergie et d’humidité atmosphérique, ainsi que de forces de cisaillement éoliennes, peuvent décaler l’apparition d’Hector, voire l’empêcher. De tels retards se traduisent généralement par une formation nuageuse plus dense.

Seules formations nuageuses capables de générer des orages, les cumulonimbus figurent également parmi les plus massives : ils peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de tonnes.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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