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À Tchernobyl, des pièges photographiques révèlent les effets de la guerre sur la faune sauvage

Elle n’affecte pas que les humains

— Milan Zygmunt / Shutterstock.com

Suite à la catastrophe nucléaire de 1986, les environs de la centrale de Tchernobyl sont devenus un refuge pour de nombreuses espèces animales. Des chercheurs ont récemment documenté les effets de la présence des forces russes dans la zone d’exclusion en 2022.

Des changements significatifs documentés chez plusieurs espèces

Entrée dans la zone le 24 février 2022, au début de l’invasion de l’Ukraine, l’armée russe l’a quittée fin mars 2022, permettant aux forces ukrainiennes d’en reprendre le contrôle. L’analyse de nombreuses images capturées par les pièges photographiques disséminés dans les bois de Tchernobyl a permis d’évaluer les effets de cette activité humaine inhabituelle sur la faune sauvage.

En recoupant ces clichés avec les rapports quotidiens des résidents et de personnes ayant continué de travailler dans la zone durant son occupation, Svitlana Kudrenko, de l’université de Fribourg, et ses collègues ont mis en évidence des changements significatifs dans les comportements de différentes espèces, s’étant accentués au fil des semaines.

L’équipe a notamment documenté une recrudescence des observations de cerfs élaphes, évoluant en hardes dans des paysages ouverts, et une baisse spectaculaire de celles des chevreuils, plus solitaires et affectionnant les environnements boisés. Comme les renards roux, les cerfs élaphes présentaient également une activité nettement plus diurne, probablement liée aux mouvements de troupes et de véhicules.

Alors que les sangliers et les chiens viverrins avaient tendance à éviter les zones où étaient stationnés les soldats durant la totalité de la phase d’occupation, les lynx et les renards s’en rapprochaient davantage à mesure que la présence russe s’intensifiait, suggérant qu’ils aient pu être attirés par la présence de nourriture.

Une situation préoccupante

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, de telles observations, sur une période aussi brève, illustrent une nouvelle fois notre impact démesuré sur les écosystèmes les plus préservés.

Une situation d’autant plus préoccupante dans la zone de Tchernobyl, connue pour abriter des animaux rares tels que les chevaux de Przewalski.

Plus tôt cette année, des travaux portant sur des centaines de chiens errants ukrainiens, évoluant aussi bien dans des régions relativement épargnées par la guerre qu’au cœur des zones de conflit, avaient révélé que les seconds présentaient une corpulence moindre, des oreilles plus pointues et un museau plus allongé. Des traits plus « sauvages », typiquement associés aux loups.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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