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Des chercheurs percent enfin le secret d’étranges fossiles vieux de 570 millions d’années

Le biote d’Édiacara

— © Ryan Schwark / Wikimedia Commons

Considéré comme l’un des ensembles les mieux conservés au monde, le biote d’Édiacara intrigue depuis longtemps les chercheurs. De nouvelles analyses ont permis de révéler les secrets de la fossilisation remarquable de ces étranges formes de vie anciennes.

Animaux primitifs

Datés d’environ 570 millions d’années, ces témoignages fossiles exceptionnels ont longtemps semblé défier toute classification. Si certaines de ces créatures dépourvues de squelette présentaient une symétrie triradiale ou des bras en spirale, d’autres affichaient d’intrigants motifs fractals.

« Ces animaux primitifs sont apparus à un moment clé de l’évolution de la vie complexe, précédant l’explosion cambrienne, au cours de laquelle celle-ci s’est remarquablement diversifiée, avec l’apparition de la quasi-totalité des lignées encore observées aujourd’hui », notent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Geology.

Les tissus mous étant nettement moins susceptibles de se fossiliser, le degré de conservation remarquable du biote d’Édiacara laissait également les chercheurs perplexes. Afin de lever le voile sur ce mystère, Lydia Tarhan, de l’université de Yale, et ses collègues ont procédé à une analyse isotopique minutieuse de ces fossiles mis au jour dans le nord-ouest du Canada.

La mesure des concentrations isotopiques de lithium a notamment révélé que, peu après leur mort, ces créatures ancrées aux fonds marins avaient été recouvertes par des particules d’argile détritiques (provenant des continents). Formant essentiellement des noyaux, elles ont permis la fixation de leurs homologues autigènes (provenant de l’environnement marin), qui ont agi comme un ciment naturel, piégeant les particules de sable et créant des moulages quasi-parfaits.

Fossile d’organisme filtreur du biote d’Édiacara — © Masahiro miyasaka / Wikimedia Commons

Une période charnière

Alors que l’on considérait initialement l’explosion cambrienne comme un « Big Bang », au fil des années, l’étude des formes de vie de l’Édiacarien a montré une transition nettement moins abrupte.

C’est également au cours de cette ère géologique que la reproduction sexuée est apparue. Alors que la vie se reproduisait auparavant essentiellement de façon asexuée, en se clonant, certains organismes spongieux ont commencé à libérer leurs cellules reproductrices dans la colonne d’eau, où elles se mêlaient.

Plus tôt cette année, l’étude de Funisia du biote d’Édiacara avait permis de repousser l’apparition du sexe à 567 millions d’années.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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