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De nouveaux fossiles repoussent l’origine du sexe de plusieurs millions d’années

Un jalon clé de l'Évolution

— © Ryan Somma / Wikimedia Commons

Caractéristique des formes de vie complexes, la reproduction sexuée est apparue pour la première fois il y a des centaines de millions d’années. L’analyse de fossiles anciens mis au jour dans des montagnes canadiennes bouleverse sa chronologie.

Des Funisia record

Présentant des similitudes avec les coraux, les Funisia sont les premiers animaux connus à s’être reproduits sexuellement. Ancrées au fond de l’océan, ces organismes spongieux libéraient leurs cellules reproductrices dans la colonne d’eau, où elles se mêlaient. Avant cela, la vie se reproduisait essentiellement de façon asexuée, en se clonant.

« Pendant 3 milliards d’années, la vie sur Terre a été dominée par les microbes. Puis, tout à coup, sont apparus ces animaux marins à l’aspect étrange, mais aux comportements familiers », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances.

Combinant l’ADN de deux individus, le sexe a donné un formidable coup d’accélérateur à l’évolution, avec une diversité génétique pavant la voie à l’émergence du vaste éventail de formes de vie complexes que nous côtoyons aujourd’hui.

Dans le nord-ouest du Canada, des paléontologues ont mis au jour un assemblage fossile remarquable, remontant à environ 567 millions d’années. Connu sous le nom de biote d’Édiacara et comprenant plus d’une centaine d’animaux primitifs, il inclut les plus anciens spécimens connus de Funisia, antérieurs de 5 à 10 millions d’années aux précédents détenteurs de ce record.

Fossiles de Funisia — © Evans et al. / Science Advances 2026

Une reproduction sexuée repoussée à l’Avalon

Les témoignages de l’Édiacarien sont divisés en trois grandes ères géologiques : l’Avalon (575 à 559 millions d’années), caractérisé par des organismes simples d’eaux profondes, la Mer Blanche (559 à 550 millions d’années), théâtre de leur diversification, et enfin le Nama (550 à 538 millions d’années), qui a vu l’émergence de certains des premiers animaux complexes dotés de sections rigides semblables à des coquilles.

Remontant à la première, les nouveaux fossiles corroborent l’hypothèse d’une reproduction sexuée, et d’une complexification génétique, ayant émergé dans les profondeurs des océans avant de se propager vers la surface, et, plus tard, les côtes.

« Nous considérons souvent les profondeurs océaniques comme des environnements sombres et inhospitaliers », estime Scott Evans, du Musée américain d’histoire naturelle. « Mais ils présentent également des concentrations d’oxygène et des températures remarquablement stables, caractéristiques essentielles à la plupart des formes de vie animales. »

Précédemment, des chercheurs avaient identifié la plus ancienne extinction massive de la Terre.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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