Au Royaume-Uni, la campagne pour les élections en 2019 a mis en évidence l’utilisation des fake news de la part des différents partis politiques. Une campagne sous tension qui n’a pas manqué de déstabiliser et d’inquiéter les électeurs, qui ne savaient plus distinguer le vrai du faux. Mais si c’est compliqué pour des adultes avertis, imaginez ce à quoi sont exposés les enfants ! Une étude récemment parue met en lumière l’ampleur du problème à l’heure où le numérique joue un rôle de plus en plus important dans la diffusion d’informations.

Une consommation d’informations problématique

Pendant les dernières élections britanniques, les électeurs ont été assaillis de postes fallacieux, de vidéos à charge et de mèmes sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, la majorité des partis politiques adoptent ce genre de méthodes, qui étaient auparavant associées à des acteurs politiques louches et dont la population se méfiait. Le First Draft’s Cross Check project a ainsi mis en évidence qu’aucun parti politique n’était entièrement innocent, et en particulier le parti conservateur.

La diffusion de ces fake news est permise par l’évolution des moyens de diffusion de l’information. Une étude publiée par le Reuters Institute for New révèle que de plus en plus de personnes, et plus exactement 74 % de la population britannique, ont accès aux informations en ligne. 39 % de la population se tient même au courant des actualités grâce aux réseaux sociaux. Mais la réalité est en vérité plus complexe que cela. Lors d’une étude publiée par la BBC, les chercheurs se sont interrogés sur le comportement et la consommation d’informations de la population. Il en résulte que les gens sur-consomment les informations, ne lisent parfois que les gros titres en faisant l’impasse sur le contenu des articles, et ingèrent de fausses informations via des mèmes, des posts de célébrités, d’influenceurs et d’hommes politiques. 
Face à cette crise de l’information, deux solutions sont possibles. La première serait d’adapter les lois autour de la communication politique afin de sanctionner et réduire la diffusion de fake news. La seconde serait de mieux éduquer et sensibiliser les futurs électeurs à se repérer dans le paysage médiatique.

— MichaelJayBerlin / Shutterstock.com

Les enfants et les étudiants sont les plus vulnérables face aux fake news

On pourrait croire que les nouvelles générations, étant nées à l’ère digitale, sauraient naviguer au milieu de toutes ces fake news numériques. Or, il n’en est rien. Ainsi, une étude américaine réalisée sur 3 446 étudiants âgés de 12 à 17 ans par le Stanford History Education Group a révélé que les étudiants ont des difficultés à jauger la crédibilité d’une information sur Internet. Ce problème de déficit d’esprit critique face aux fake news est loin d’être exclusif aux États-Unis. En effet, la Commission britannique sur les fake news et l’enseignement de capacités critiques littéraires dans les écoles de 2018 a déclaré que seulement 2 % des enfants ont les capacités nécessaires pour vérifier la crédibilité et la véracité d’une information. Cela signifie que 98 % sont manipulables par de fausses informations, ce qui est très inquiétant.

Une inquiétude grandissante face au manque d’enseignement de la culture numérique

Face à cette tendance inquiétante, un nombre croissant d’éducateurs et de groupes du troisième secteur demandent que les informations et les critiques de la culture numérique  soient enseignées dans les écoles, et plus de la moitié des enseignants déclarent que le programme national actuel ne donne pas aux élèves les compétences dont ils ont besoin pour  détecter les fake news.

Les enfants eux-mêmes sont demandeurs puisqu’une étude réalisée par la Commission sur les fake news et l’enseignement de capacités critiques littéraires dans les écoles de 2018 révèle que la moitié des enfants sont inquiets de la présence des fake news dans l’actualité et ont peur de ne pas savoir les détecter. Cela a pour conséquence de diminuer leur confiance envers les informations et les médias et d’augmenter leur anxiété. Le gouvernement a cependant jugé que la modification du programme d’enseignement n’était pas nécessaire car les étudiants avaient déjà les capacités nécessaires grâce aux enseignements d’Histoire, d’anglais et d’informatique.

Dans leur dernier rapport sur les fake news, la Commission du Parlement britannique sur le numérique, la culture, les médias et les sports a réitéré son appel pour la mise en place de l’enseignement de la culture numérique en tant que pilier de l’éducation, et ce, aux côtés de l’écriture et des mathématiques. Sans résultat. Le gouvernement britannique rechigne à agir car il estime que d’autres acteurs s’en chargent déjà.

Différents acteurs pour lutter contre les fake news

En effet, des initiatives ont été prises par certaines organisations, telles que la NewsWise, mais la grande majorité d’entre elles est limitée au niveau de l’échelle et de la portée de ces initiatives. Les organisations peuvent au mieux s’occuper de 10 000 enfants britanniques, alors que ce sont 9 millions qui en ont besoin.

Aujourd’hui, si les différentes plateformes de réseaux sociaux mettent en place des stratégies pour limiter la diffusion de fake news, le problème reste fortement présent y compris en France. C’est pour cette raison qu’il est si important de lire les articles entièrement et de vérifier les sources !

Et vous, savez-vous repérer les fake news ?

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Hannibal
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Hannibal

Difficile lorsque ce sont les gouvernements/institutions et les médias mainstream qui les propagent, ces « fake news ».