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Que se passerait-il si l’on essayait de boucher un volcan avec du béton ?

Pas vraiment l’idée du siècle

Si leurs éruptions peuvent se révéler particulièrement dévastatrices, déverser des quantités pharaoniques de béton dans la gueule d’un volcan dans l’espoir de lui « clouer le bec » ne ferait probablement qu’aggraver les choses.

La puissance de Mère nature

Le point de fusion de ce matériau incontournable étant significativement plus élevé que celui de la lave (environ 1 500 °C contre 700 à 1 200 °C selon les types de lave), remplir le cratère d’un géant sur le point d’entrer en éruption s’apparente à première vue à une stratégie, bien que logistiquement difficilement réalisable, assez évidente.

Concrètement, ces phénomènes géologiques aussi spectaculaires que dévastateurs résultent de la remontée de magma. Lorsque celui-ci est fluide et liquide, les gaz s’en échappent facilement, et il va généralement s’écouler le long des pentes du volcan.

Quand sa texture est épaisse et visqueuse, elle piège ses composés volatils, et entraîne une monstrueuse accumulation de pression qui donne lieu aux dévastatrices éruptions explosives, telles que celle du Vésuve en 79 de notre ère, ou du mont Saint Helens en 1980.

« Ce sont les plus dangereuses et mortelles », explique le site de l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). « Elles vont produire des panaches de téphra et des nuées ardentes, qui peuvent s’échapper dans l’atmosphère ou dévaler les pentes du volcan, dévastant tout ce qui se trouve sur leur passage. »

— CharlieO/Shutterstock.com

Fausse bonne idée

Sceller le cratère ou les évents volcaniques avec du béton le priverait essentiellement de ses « soupapes de sécurité », ce qui pourrait rendre une éruption « calme » explosive, ou aggraver ces dernières.

Dans ce second cas, les fines particules de béton libérées dans l’atmosphère voyageraient sur des distances faramineuses et pourraient favoriser des maladies pulmonaires et augmenter les risques de cancer.

Pour autant, le béton peut se révéler précieux dans le cas d’écoulements de lave, en détournant ces flux brûlants des zones peuplées. Au cours des dernières décennies, de tels dispositifs ont notamment été déployés en Sicile et en Islande.

Au cas où vous vous posiez la question, voici ce qui se passe quand on fore une poche de magma sous un volcan actif.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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