— © James McKay

De récentes analyses menées par une équipe internationale de chercheurs ont permis de mieux cerner les effets de l’impact du météore géant de Chicxulub, survenu il y a 66 millions d’années.

Un évènement cataclysmique

On estime que l’astéroïde qui a frappé le nord de la péninsule du Yucatán, au Mexique, mesurait environ 12 kilomètres de diamètre. Ayant projeté dans l’atmosphère des milliers de tonnes de matériaux terrestres, celui-ci a anéanti 75 % de la vie terrestre et mis un terme abrupt au règne des dinosaures. De nouveaux travaux publiés dans la revue PNAS affirment que l’une des principales causes de cette extinction massive a été la redistribution de fines particules de sulfate dans la stratosphère après l’impact, à l’origine d’un changement climatique rapide.

« Le souffle et les retombées de l’impact ont déclenché des incendies généralisés qui, avec la poussière de roche, la suie et les substances volatiles éjectées du cratère, ont vraisemblablement occulté la lumière solaire à l’échelle mondiale pendant des années, créant ce que l’on appelle un hiver d’impact », détaille Christopher Junium, chercheur à l’université de Syracuse et auteur principal de l’étude.

Si les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps que l’augmentation massive des niveaux de soufre atmosphérique constituait une cause majeure du changement climatique post-impact, jusqu’à récemment, on ignorait la quantité précise ayant atteint la stratosphère, où ses effets sur le climat auraient été considérablement amplifiés.

― Herschel Hoffmeyer / Shutterstock.com

Des analyses géochimiques révélatrices

L’équipe de Junium s’est rendue le long de la rivière Brazos, dans le centre du Texas, afin de collecter des échantillons de roches ayant enregistré les effets immédiats de l’impact de l’astéroïde. En les analysant à l’aide de nouvelles techniques géochimiques, les scientifiques sont parvenus à retracer les transformations uniques subies par les aérosols de soufre lorsqu’ils se sont élevés au-dessus de la couche d’ozone et ont été exposés au rayonnement ultraviolet, créant ainsi des signatures diagnostiques dans les isotopes stables des gaz sulfureux.

« Les empreintes uniques que nous avons mesurées dans ces sédiments d’impact constituent la première preuve directe de l’importance des aérosols sulfureux dans le changement et le refroidissement catastrophiques du climat », explique Aubrey Zerkle, chercheuse à l’université de St Andrews et co-auteure de l’étude.

« La présence de ces signatures nécessitait d’énormes quantités d’aérosols de soufre dans la stratosphère, qui sont revenus sur Terre sous forme de pluies acides et ont été rejetés dans les zones marines peu profondes à la suite de l’impact », ajoute Junium. « Ces aérosols soufrés auraient prolongé la durée du changement climatique post-impact, menant une biosphère déjà exsangue au bord de l’effondrement. »

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