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La difficulté d’accès aux protections hygiéniques est une triste réalité en France. Autrefois sujet tabou, la précarité menstruelle est désormais un phénomène qui soulève beaucoup d’attention et d’inquiétude. En France, 2 millions de femmes sont concernées. Pour leur venir en aide, le gouvernement a décidé de débloquer cinq millions d’euros en 2021.

Une majoration de 4 millions d’euros du budget par rapport à 2020

Selon un rapport rédigé par Le Monde, une femme a besoin d’environ 3 800 euros à partir de ses premières règles jusqu’à la ménopause pour se fournir correctement en protections hygiéniques. Malheureusement, environ 2 millions de Françaises n’ont pas les moyens financiers pour subvenir à ce besoin de base. Cela signifie qu’au moins une femme sur dix souffre de précarité menstruelle en France. Parmi elles, les plus concernées par le problème sont les jeunes filles encore au collège ou au lycée, les femmes incarcérées ainsi que les femmes en situation de précarité.

Face à ce problème qui soulève désormais beaucoup d’indignation, le gouvernement a déclaré allouer un budget de 5 millions d’euros à la lutte contre la précarité menstruelle en 2021. Selon Olivier Véran et Élisabeth Moreno – respectivement ministre des Solidarités et de la Santé et ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes – ces fonds seront essentiellement utilisés pour renforcer les mesures qui sont déjà en place dans la lutte pour l’accès aux protections hygiéniques pour toutes les femmes. Ainsi, de nouveaux programmes de lutte ne sont pas prévus, et le budget alloué viendra en aide aux associations qui luttent déjà contre la précarité menstruelle.

Cette nouvelle allocation est très importante par rapport au million d’euros alloué en 2020. Avec ce budget initial, les autorités ont également commencé une expérimentation sur la facilitation de l’accès aux protections hygiéniques. Parmi les mesures prises à cette occasion, des produits d’hygiène quasiment gratuits ont été mis à disposition des femmes en situation de précarité dans plusieurs lieux collectifs, dont des établissements scolaires et des épiceries solidaires. Avec le nouveau budget majoré de 4 millions d’euros, les efforts débutés en 2020 seront continués et améliorés.

Un effort important, mais pas encore suffisant dans la lutte contre la précarité menstruelle

Rappelons également que cette rallonge dans la lutte contre la précarité menstruelle fait suite à une interview d’Emmanuel Macron avec Brut. À cette occasion, le président avait promis de renforcer les efforts dans ce domaine. Face à l’application de cette promesse, les associations ont salué l’initiative, mais ont fait remarquer que cela n’est pas encore suffisant. « [Nous saluons] la décision d’augmenter ce budget, qui n’est sans doute pas suffisant, mais qui acte le fait qu’il s’agit d’un problème de santé publique », a déclaré Tara Heuzé-Sarmini, directrice de Règles Élémentaires. Cette association a notamment été la première à soulever le problème de la précarité menstruelle en France.

Si les efforts déployés par le gouvernement français dans la lutte contre la difficulté d’accès aux protections hygiéniques sont effectivement louables, c’est encore loin des pratiques en cours dans des régions comme l’Écosse, le Canada, le Kenya, l’Illinois ou l’Australie. En Écosse, l’accès aux protections hygiéniques est entièrement gratuit. Dans les autres régions précédemment énoncées, les protections menstruelles ne sont pas soumises aux taxes, ce qui diminue considérablement leur prix. En France, les protections hygiéniques sont encore soumises à la « taxe rose », à hauteur de 5,5 % du coût du produit. Mais c’est déjà mieux qu’en 2015 et les années précédentes, période durant laquelle ce type de produits était soumis à une TVA de 20 %.

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