Aller au contenu principal

L’épopée d’Ibn Battûta, l’un des plus grands explorateurs de tous les temps

Il aurait parcouru près de 120 000 kilomètres

Au XIVe siècle, Ibn Battûta aurait parcouru près de 120 000 kilomètres, voyageant à travers l’Afrique, l’Asie et l’Europe. De cet incroyable périple est né un livre : le « Rihla » ou « Voyages », qui nous en apprend beaucoup sur les sociétés de l’époque.

Battûta voit le jour en 1304 à Tanger (Maroc) au sein d’une famille d’érudits musulmans très pieux. Désireux de voir le monde et d’effectuer son pèlerinage à La Mecque, il quitte sa famille en 1325, visite de nombreuses villes et en profite pour s’initier aux coutumes locales. Un an plus tard, il arrive à Alexandrie, cité somptueuse réputée pour son phare dont il décrira les multiples visages dans ses mémoires.

À cette époque, voyager se révèle particulièrement risqué et les attaques de bandits et de pirates ne sont pas rares. Durant ces décennies d’exploration, Ibn Battûta va connaître des moments particulièrement difficiles : vols, naufrage, maladies diverses et solitude. Il parcourra le monde à dos de chameau, à pied ou en bateau, et fera occasionnellement un bout de chemin en compagnie d’autres pèlerins.

Après avoir décrit l’étroite sécurité mise en place à la frontière séparant l’Égypte et la Syrie, il évoque les lieux saints chrétiens de Jérusalem, notamment Bethléem et les tombeaux supposés de Jésus et de Marie. À son arrivée à Damas, qu’il présente comme « la plus belle ville au monde », il est fasciné par son incroyable mosquée omeyyade et se lie rapidement d’amitié avec l’un des plus éminents savants de la ville.

Les mémoires de ce grand voyageur permettent aujourd’hui aux historiens de mieux comprendre le fonctionnement des sociétés arabes et orientales au XIVe siècle

Au fil de ses voyages, Battûta reçoit de nombreux présents (esclaves, étoffes précieuses, or ou argent) et, en raison de son statut d’érudit religieux, est régulièrement accueilli avec faste par les souverains musulmans qu’il rencontre. Il visite des mosquées et des bazars, observe avec attention les coutumes des locaux, consacre une grande partie de son temps à la prière, et reçoit également les enseignements de plusieurs théologiens.

L’homme visite ensuite Le Caire et passe le Ramadan à Damas avant de se rendre à Médine, lieu sacré abritant la tombe du prophète Mahomet. Après avoir accompli son pèlerinage à La Mecque, il reprend la route en direction de la Perse. En 1327, il atteint Bagdad, dont il décrira plus tard les bains élaborés, et rejoint la caravane royale d’un souverain mongol. Il retourne ensuite à La Mecque et s’y installe pendant quelques années.

En 1331, il navigue sur la mer Rouge et visite le Yémen et la Somalie. Après avoir effectué un second pèlerinage à la Mecque, il décide de se rendre à Constantinople. Là-bas, Battûta admire la célèbre Basilique Sainte-Sophie et fait la connaissance de l’empereur byzantin. Il traverse ensuite l’Afghanistan, et atteint l’Inde en traversant les montagnes enneigées de l’Hindou Kouch.

Itinéraire supposément suivi par Ibn Battûta entre 1332 et 1346

À partir de 1333, il travaille comme juge à Delhi pour le compte du sultan. Il est ensuite envoyé en Chine en tant qu’ambassadeur auprès de la cour mongole, mais le navire transportant ses bagages fait naufrage. Craignant d’être exécuté pour avoir failli à sa mission, l’homme choisit de fuir l’Inde et de se rendre aux Îles Maldives, où il épouse la fille d’un vizir.

Après avoir traversé le Sri Lanka et le Vietnam, il arrive finalement en Chine en 1345. Là-bas, il admire ses fortifications, s’émerveille devant les imposants navires stationnés dans le port d’Hangzhou, et visite la cour impériale des Yuan à Pékin. Battûta se rend plus tard en Sardaigne et à Fès avant d’atteindre Tanger en 1349 alors que la peste noire fait des ravages.

Il met ensuite le cap sur l’Espagne, où il découvre avec émerveillement les vergers, vignobles et jardins de Grenade, puis retourne en Afrique du Nord vers 1350. Pendant quatre ans, il parcourt le continent, décrit les somptueuses mosquées de Marrakech, et atteint Tombouctou, au Mali, après un périple exténuant à travers le désert du Sahara.

De retour au Maroc en 1354, Battûta apprend que le sultan a engagé Ibn Juzayy, un poète réputé, afin de consigner les mémoires de l’explorateur dans un ouvrage. Les deux hommes créent ensemble le « Rihla », qui aborde ses trente années de voyages à travers le monde. Ibn Battûta travaille ensuite comme juge jusqu’à sa mort en 1377. Le « Rihla » étant rédigé en arabe, il faut attendre le début du XIXe siècle avant qu’un érudit allemand ne mette la main sur le manuscrit et le traduise.

Ibn Battûta se rendant en Égypte par Leon Benett

Si les historiens estiment qu’Ibn Battûta n’a probablement pas visité toutes les villes décrites dans son ouvrage, comme en témoignent sa description très floue de la Chine et certaines descriptions et anecdotes largement enjolivées, ses mémoires restent importantes pour les historiens.

En sa qualité d’observateur, il offrait un regard éclairé sur les mœurs sociales, les coutumes culturelles ainsi que le fonctionnement administratif et politique des grandes villes de l’époque.

Sur le même thème, découvrez également le portrait de Jeanne Barret, première femme à avoir fait le tour du monde.

Par Yann Contegat, le

Source: Mental Floss

Étiquettes: ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *