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Pas un hybride Néandertalien-sapiens : ce crâne préhistorique possède des origines bien différentes

On supposait initialement qu'il avait environ 36 000 ans

— © Archaologisches Museum Hamburg / Wikimedia Commons

Il ne fait aucun doute que nos ancêtres se sont métissés avec les Néandertaliens. Longtemps considéré comme un témoignage de ces unions, un os crânien préhistorique mis au jour dans le nord de l’Allemagne a récemment bénéficié d’un nouvel examen.

Le spécimen d’Hahnöfersand

Ce fossile avait été mis au jour en 1973 lors de fouilles sur l’île fluviale d’Hahnöfersand. N’étant accompagné d’aucun artefact culturel, qui aurait pu faciliter son identification, il semblait par ailleurs présenter un mélange de caractéristiques morphologiques typiques des Néandertaliens et des humains modernes, suggérant un probable individu hybride.

Une hypothèse que semblaient appuyer les premières datations au radiocarbone, estimant son âge à environ 36 000 ans, correspondant alors à la période où l’on supposait que les chemins des deux espèces s’étaient croisés dans cette partie de l’Europe.

Bien que des études ultérieures aient indiqué que ce témoignage préhistorique n’avait pas plus de 7 500 ans, et appartenait par conséquent à un individu ayant vécu au Mésolithique, plusieurs dizaines de millénaires après l’extinction des Néandertaliens, il a continué d’être présenté comme celui d’un hybride Néandertal/Homo sapiens dans la littérature scientifique.

Afin de lever le doute une bonne fois pour toutes, des chercheurs ont mené une nouvelle analyse comparative, impliquant la comparaison du spécimen d’Hahnöfersand aux os frontaux des deux espèces, remontant dans le cas d’H. sapiens jusqu’à l’ère moderne.

— Petr Student / Shutterstock.com

Des variations extrêmes, mais typiques d’Homo sapiens

Comme l’avaient suggéré de précédents travaux, les variations morphologiques, bien qu’extrêmes, étaient similaires à celles documentées chez des humains vivant à l’époque médiévale.

« Les analyses multivariables indiquent une affinité morphologique claire et sans équivoque entre le spécimen d’Hahnöfersand et ceux des Homo sapiens de l’Holocène », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports. « Contrairement à ce qui avait été avancé, il ne présente pas une morphologie intermédiaire entre les Néandertaliens et notre espèce. »

Sur la base des découvertes paléontologiques et archéologiques actuelles, comprenant les signes de traditions funéraires partagées, on suppose que des populations hybrides existaient déjà il y a environ 100 000 ans au Moyen-Orient. Intervenu bien plus tard en Europe occidentale, ce métissage interspèces aurait persisté jusqu’à la disparition de Néandertal, il y a environ 39 000 ans.

À l’échelle de milliers d’années, le patrimoine génétique des hybrides Sapiens-Néandertal s’est retrouvé dominé par les gènes de notre espèce, et une telle dilution a peu à peu gommé les traits typiques des seconds.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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