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À Gibraltar, une étrange tendance observée chez les singes confrontés à la malbouffe

Une nouvelle illustration de leur flexibilité comportementale

— © Martin Nicourt / Gibraltar Macaques Project

Une tendance inattendue émerge chez les singes du rocher de Gibraltar. Probablement pour soulager leur système digestif, agressé par la nourriture salée ou sucrée laissée par les touristes, ceux-ci ingurgitent d’importantes quantités… de terre.

Remède anti junk-food ?

On recense environ 230 macaques de Barbarie (Macaca sylvanus) à Gibraltar, à l’extrémité sud de la péninsule ibérique. Sur près d’une centaine de jours entre 2022 et 2024, des scientifiques ont recensé 44 individus différents mangeant de la terre.

Ce comportement étant nettement plus fréquent dans les zones touristiques et durant la haute saison, ceux-ci se sont demandé s’il n’était pas lié à la consommation de nourriture jetée par les visiteurs du Rocher, comprenant crèmes glacées, barres chocolatées ou chips.

« Nous émettons l’hypothèse que la malbouffe peut être difficile à digérer et perturber le microbiote des primates », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports.

En l’absence d’analyses chimiques et minéralogiques de la terre de Gibraltar, l’équipe ignore précisément ses effets sur le tube digestif. Elle rappelle toutefois que la « terra rossa » est riche en argile et en fer, et que le premier peut notamment contribuer à réduire l’acidité gastrique en se liant aux toxines.

— © Martin Nicourt / Gibraltar Macaques Project

Une capacité d’adaptation remarquable

Selon les chercheurs, cette tendance s’est développée trop rapidement pour être le résultat de changements génétiques ou physiologiques. Il s’agirait donc d’un comportement acquis socialement et transmis, avec des groupes de primates montrant une préférence pour certains types de terre.

Associées à celles de macaques à bonnet dans les agglomérations indiennes, qui ont appris à ouvrir les bouteilles de soda, ou des macaques à longue queue de Bali, qui subtilisent les effets personnels des touristes pour obtenir de la nourriture, ces nouvelles observations illustrent une nouvelle fois la remarquable capacité d’adaptation de ces primates.

Une telle flexibilité comportementale pourrait notamment se révéler précieuse face aux profonds bouleversements environnementaux induits par le changement climatique.

Précédemment, une étude au long cours avait révélé que les macaques de Bali utilisaient également des outils en pierre comme… sex toys.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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