— Charles HB Mercer / Shutterstock.com Camp d’un groupe de réfugiés fuyant les attaques xénophobes, Afrique du Sud

L’Afrique du Sud est sans aucun doute l’un des pays les plus riches et les plus avancés du continent africain. Malgré cela, c’est également l’un des pays les plus régressifs en termes de xénophobie. En Afrique du Sud, être un étranger peut facilement être synonyme de mort et pour l’instant les autorités locales semblent ne rien faire pour y remédier.

Les ressortissants étrangers sont les boucs émissaires de tous les problèmes du pays

Les ressortissants étrangers en Afrique du Sud souffrent de harcèlement, de violence et de discrimination de la part des habitants et des autorités gouvernementales, a révélé un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW). Pire encore, de tels comportements envers les autres Africains et les Asiatiques vivant en Afrique du Sud sont devenus une habitude, gagnant de plus en plus en violence et conduisant même à des conséquences mortelles. Les causes de cette discrimination étant le fait que les étrangers sont accusés par la population locale d’accentuer l’insécurité économique, la criminalité et l’incapacité du gouvernement à fournir des services, a expliqué le rapport.

En guise d’illustration, le rapport de HRW a noté qu’en septembre 2019, des entreprises appartenant à des ressortissants étrangers ont été saccagées dans un accès de violence xénophobe. Les affrontements avaient fait au moins 12 morts. Durant cette période, le propriétaire d’une boutique bangladaise a raconté à HRW qu’il avait dû surveiller sa boutique pendant trois jours sans dormir jusqu’à l’arrivée de la police. Un vendeur de rue congolais avait raconté son calvaire quand il a été tabassé et insulté durant cette même période. Même les jeunes enfants sont victimes de cette xénophobie, a rapporté HRW, citant le témoignage d’une petite fille de 10 ans dans un communiqué de presse.

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que ce genre d’évènement se produit. En 2017, de violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté à Pretoria. Et en 2015, une autre vague d’attaques xénophobes dans différentes régions du pays a fait plusieurs morts et a obligé des milliers d’autres à quitter leur habitation. Selon HRW, la xénophobie en Afrique du Sud remonte à encore plus loin, puisqu’en 2018, une soixantaine de personnes sont mortes suite à des manifestations xénophobes.

Les autorités sud-africaines complices de la xénophobie qui règne dans le pays

Face à ce problème, le gouvernement avait instauré un plan d’action pour protéger les ressortissants étrangers. Malheureusement, aucune mise en œuvre réelle de ce plan n’a été constatée jusqu’à présent alors que la situation semble sur le point d’empirer. Plus qu’une simple inaction, HRW accuse les responsables de l’application des lois d’être complices des actes xénophobes en Afrique du Sud. En effet, le témoignage de certains des ressortissants étrangers faisait rapport d’agissements « discriminatoires » et « abusifs » des autorités locales envers les étrangers.

Des non-Sud-Africains interrogés par HRW ont également déclaré que les autorités locales faisaient usage de documents falsifiés et utilisaient les produits contrefaits comme excuse pour justifier le harcèlement et les attaques xénophobes, a rapporté Al Jazeera. Pour l’instant, aucune solution réelle n’a été apportée pour résoudre le problème, et HRW a adjuré le gouvernement sud-africain de prendre de véritables mesures pour faire cesser la violence envers les étrangers. Il est à savoir qu’actuellement, l’Afrique du Sud accueille plus de 2,2 millions d’étrangers. Ces derniers sont des réfugiés politiques, des migrants économiques, ou encore des travailleurs expatriés qualifiés. Ces migrants viennent surtout du Congo, de l’Éthiopie, du Malawi, du Nigéria et de l’Asie du Sud.

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