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Un algorithme d’intelligence artificielle a permis l’identification de certaines des plus anciennes traces d’utilisation du feu chez les hominidés, sur un site archéologique vieux d’un million d’années en Israël.

Utiliser l’apprentissage profond pour identifier des preuves « invisibles »

La maîtrise du feu est largement considérée comme une étape majeure de l’évolution humaine. Si les archéologues disposaient déjà d’une poignée de techniques pour identifier les foyers anciens (incluant la recherche de signes de décoloration des os préhistoriques ou de déformation des outils en pierre correspondant à une exposition à des températures supérieures à 450 °C), ce type de preuve se révèle exceptionnellement rare sur les sites vieux de plus de 500 000 ans.

L’an passé, un groupe de chercheurs israéliens avait dévoilé une intelligence artificielle basée sur l’apprentissage profond capable d’identifier des signes plus discrets de combustion (correspondant à une exposition à des températures comprises entre 200 et 300 °C). Des fragments de silex prélevés sur différents sites non archéologiques du pays avaient été chauffés à différentes températures en laboratoire, puis les données sur les changements subtils dans la réponse du silex à la lumière UV fournies à l’algorithme afin qu’il apprenne à les identifier.

Pour cette nouvelle étude parue dans la revue PNAS, l’équipe, en collaboration avec Michael Chazan de l’université de Toronto, a utilisé l’algorithme afin d’examiner des silex provenant de la carrière d’Evron, ancien site humain de Galilée occidentale. « Nous avons choisi ce site parce qu’il abritait le même type de silex que ceux utilisés pour former l’intelligence artificielle », explique le chercheur canadien. « Il n’y avait tout simplement aucune raison de penser que nous y trouverions des preuves de combustion. »

Des preuves claires

À la surprise générale, l’algorithme a suggéré que de nombreux outils en silex du site avaient été chauffés, le plus souvent à des températures d’environ 400 °C. Les scientifiques ont ensuite examiné de plus près les morceaux d’os récupérés sur le site à l’aide des techniques existantes, indiquant que ceux-ci avaient également été chauffés. « Personne n’aurait pris la peine d’étudier l’exposition à la chaleur des os sans les résultats préalablement obtenus avec les silex », souligne Chazan.

Le regroupement des pierres et des os chauffés laisse penser que les anciens humains maîtrisaient le feu dans la carrière d’Evron et qu’il ne s’agissait pas d’un feu d’origine naturelle.

Il existe actuellement peu de preuves tangibles de domestication du feu antérieures à un million d’années. Selon les auteurs de l’étude, la nouvelle intelligence artificielle pourrait être utilisée pour vérifier l’hypothèse populaire selon laquelle son utilisation pour la cuisson des aliments était déjà répandue il y a 1,8 à 2 millions d’années. « Auparavant, j’aurais considéré cela comme impossible, aujourd’hui je ne suis plus aussi catégorique », conclut Chazan.

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